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N° 1305 - - 13 juin 2002
3. Les balises de la liberté
Plus quun outil de loisir, les chemins de randonnées assurent une mission sociale de la première importance en France : la liberté de se déplacer dans la nature
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Des balises bien nettes
mais discrètes et efficaces
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Le balisage doit se faire selon les règles de l’art pour faire des marques bien nettes et aussi avec feeling pour être à la fois discret et efficace. " Il faut se mettre dans la peau du marcheur pour baliser. Mettre le moins de balise possible mais marquer à chaque fois qu’il peut rencontrer une ambiguïté. Dans certains milieux qui, comme la forêt, peuvent parfois être un peu angoissants, on fait un balisage un peu plus serré ", explique Constantin Angeloglou.
Les baliseurs doivent aussi engager le dialogue avec les habitants pour faire accepter le marquage. " Il y a parfois des balises qui sont effacées parce que certains s’imaginent que ce sont des repères cabalistiques de cambrioleurs ", sourit Claude Chassonnerie. D’autres fois, il s’agit tout simplement de mauvais coucheurs qui n’apprécient pas de voir passer des inconnus. Ces anecdotes feraient sourire si elles ne révélaient la persistance de l’incompréhension qui existent entre différents mondes qui usent du même espace. Mais dans ce domaine, c’est souvent à double sens que fonctionne l’ignorance.
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Le matériel du parfait baliseur
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" Certains déboulent en terrain conquis sans se rendre compte qu’ils peuvent déranger ", reconnaît Constantin Angeloglou en expliquant qu’il n’y a pas un pouce de terre en France qui n’ait pas de propriétaire.
À la Fédération Française de Randonnée Pédestre, on est bien au fait de la réalité foncière. D’ailleurs, les baliseurs reçoivent systématiquement une formation juridique sur ces questions.
Il n’en va pas de même pour tous les autres utilisateurs de chemins. " Certains s’imaginent qu’un chemin tracé sur la carte est nécessairement en libre accès. C’est loin d’être le cas ".
Derrière une balise, un énorme travail administratif
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Le balisage demande parfois
plusieurs années de travail
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Du coup, cavaliers, vététistes et marcheurs ignorent sûrement la somme de travail administratif qui peut se cacher derrière une simple balise. " Avant d’ouvrir un itinéraire, il faut non seulement vérifier l’intérêt du tracé, mais aussi faire un montage administratif en relation avec le Plan Départemental des Itinéraires de Promenade et de Randonnée (PDIPR), demander ensuite les autorisations aux communes, établir des conventions avec les propriétaires privés et seulement enfin passer à la phase opérationnelle de l’aménagement de l’itinéraire ", détaille Constantin Angeloglou.
Un travail de dentellière qui peut nécessiter plusieurs années de travail acharné tant le nombre d’interlocuteurs du territoire est grand et les situations particulières rencontrées multiples. Ce travail de fourmi est cependant indispensable pour assurer juridiquement et pratiquement la libre promenade en France et maintenir un réseau de chemins, qui comme autant de nerfs, lui donnent toute sa sensibilité.
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Le balisage , mission de "service public"
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En fait, la Fédération Française de Randonnée Pédestre assume un rôle de service public. " Nous sommes des gestionnaires de réseaux ", résume Ludovic Dewitte, chargé de mission au service aménagement de la FFRP, en soulignant que la FFRP est reconnue d’utilité publique.
Reste que c’est essentiellement par leur travail et leur connaissance du terrain que les associations de randonneurs puisent leur légitimité pour siéger dans les nombreuses instances de concertations auxquelles elles participent dont notamment, à côté des forestiers, celle de la Collective du Bois et de la Forêt.
François Delaunay.
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