boisforet-info Le Magazine du Bois et de la Forêt

N° 239 - - 5 octobre 2000

Termites : agir efficacement

Les termites se nourrissent de cellulose et peuvent occasionner des dégâts importants dans les bâtiments. Une nouvelle réglementation vient d’entrer en vigueur pour combattre ces insectes xylophages.

I. Les nouvelles obligations de la réglementation

La loi du 8 juin 1999, tendant à protéger les acquéreurs et propriétaires d’immeubles contre les termites et autres insectes xylophages poursuit trois objectifs : 1. - repérer les termites 2. - organiser la lutte dans les zones infestées 3. - protéger les acheteurs.

Mesure générale

Obligation de signaler les termites.

Depuis la parution, le 3 juillet 2000, du décret d’application, tout occupant d’un bâtiment ou d’un terrain doit obligatoirement informer la mairie s’il découvre des termites chez lui. La déclaration mentionne les indices révélateurs de présence de termites. La déclaration est faite soit par lettre recommandée avec accusé de réception, soit en mairie avec remise d’une attestation de déclaration.

Mesures particulières en zone contaminée

Les préfets, en concertation avec les conseils municipaux, délimitent les zones contaminées et les zones à risques. A l’intérieur de celles-ci, une réglementation particulière sera applicable.

a) Le transport du bois termité est interdit. Il doit être incinéré sur place ou quand cela est impossible, être traité. Ces opérations doivent être déclarées en mairie.

b) Le maire a la possibilité d’obliger les propriétaires à établir un état parasitaire de leur bâtiment ou de leur terrain. Il peut aussi les obliger à prendre des moyens de prévention ou de traitement contre les termites.

c) Les droits des acquéreurs sont renforcés. En effet, si le vendeur ne joint pas un état parasitaire de son bâtiment lors de la vente, l’acquéreur pourra se retourner contre lui s’il découvre plus tard des termites et faire jouer la clause de garantie pour vice caché. Pour être valable, l’état parasitaire doit avoir été réalisé moins de trois mois avant la vente.

II. Les termites en France

Le phénomène des termites a connu une médiatisation récente, il n’est cependant pas nouveau. Les termites sont en effet des insectes xylophages appartenant naturellement à la faune forestière du sud de la France. Ils se sont toujours attaqués aux constructions qui s’installaient sur des terrains récemment défrichés ou qui se situaient à proximité de boisements.

Toutefois, les colonies de termites ont tendance à se propager au nord de leur aire de répartition habituelle et notamment dans les villes (Paris, Le Havre...) où elles occasionnent des dégâts localisés parfois très importants.

Cette progression des termites s’explique par la généralisation du chauffage dans les villes. Les termites qui sont sensibles au froid et dont les termitières sont enterrées trouvent dorénavant, en zone urbaine, des conditions favorables à leur développement.

Aujourd’hui, des colonies de termites ont été repérées dans 56 départements. Mais seuls 15 départements du sud-ouest et du littoral méditerranéen sont fortement infestés. Dans les autres, la présence de termites est moins importante, voire seulement ponctuelle. C’est cependant dans ces zones peu touchées qu’il convient de se montrer le plus vigilant afin d’éviter la propagation des termites.

III.Qui sont-ils ?

Les termites sont des animaux sociaux qui forment des colonies de plusieurs dizaines de milliers d’individus. Comme chez les fourmis et les abeilles, les termites sont spécialisés en castes distinctes.

Les ouvriers

Les ouvriers sont les plus nombreux. Ils ont la tâche d’alimenter la colonie en cellulose. Ils sont blancs et mesurent de 4 à 6 mm, n’ont pas d’ailes et sont aveugles. Ce sont eux qui envahissent les maisons et s’attaquent au bois. Ils s’éloignent parfois à plus de cent mètres de la termitière. Ils creusent des galeries dans presque tous les matériaux et sont capables de s’infiltrer dans des fissures du béton inférieures à un millimètre.

Quand les matériaux sont trop durs pour être creusés, ils construisent des petits tubes en surface qui leur permettront de contourner les obstacles en restant à l’abri de la lumière.

Les soldats

Les soldats assurent la fonction de défense contre leurs ennemis, en particulier les fourmis. Ils sont blancs, mesurent de 6 à 8 mm, sont dépourvus d’ailes et ont une tête allongée marron foncé.

Les reproducteurs

Il y en a deux sortes. Les reproducteurs ailés (primaires) sont noirs, ont des yeux, leur corps mesure de 6 à 8 mm. Ils ont 4 ailes de taille identique qui sont plus longues que leur abdomen. Ces particularités les distinguent des fourmis volantes. Les termites essaiment à la fin de l’hiver ou au début du printemps pour tenter de fonder une nouvelle termitière.

Les reproducteurs sans ailes (secondaires) sont marrons clairs, mesurent de 8 à 10 mm. Ils jouent un rôle de reproducteurs de secours lorsqu’un groupe d’une centaine de termites est isolé du reste de la termitière. C’est ce qui arrive lors du transport de bois termité. Les reproducteurs sans ailes sont les principaux responsables de la dissémination des termites.

IV. Comment les repérer ?

Les termites sont extrêmement discrets. Les termitières sont généralement enfouies dans le sol. Ces insectes vivent à l’abri de la lumière et donc des regards. Les termites dévorent le bois de l’intérieur sans jamais atteindre la surface et sans faire de sciure. Il est toutefois possible de déceler leur présence en repérant certains indices.

A l’extérieur et notamment dans le jardin, les termites peuvent être observés dans les bois morts . Il faut pour cela décoller l’écorce des troncs ou gratter en surface.

L’envol des reproducteurs ailés à la fin de l’hiver ou au début du printemps est un signe qui ne trompe pas. Lorsque les essaimages sont importants, il est assez facile de les repérer sortant d’une fente d’un mur ou de derrière une plinthe. On retrouve également assez fréquemment des ailes tombées au sol.

Dans les bâtiments, il convient de s’intéresser d’abord aux parties basses puisque les termites viennent par le sol.
Un bois qui sonne creux doit être considéré comme suspect. Les termites ont un style bien à eux pour manger le bois. Contrairement à la plupart des autres xylophages, les termites ne font pas de vermoulures. Ils dévorent le bois en couches dans le sens du fil. Comme ils préfèrent le bois tendre, ils évitent les parties dures des cernes d’accroissement. Ce qui donne au bois termité un aspect feuilleté qui confirme de manière irréfutable leur présence.

Les cordons galeries : Ils permettent aux soldats de contourner les matériaux qu’ils ne peuvent pas creuser. Ils mesurent quelques millimètres de diamètre et sont constitués d’un mélange de salive, de déjection et de terre et autres matériaux trouvés sur place.

En cas de découverte d’un de ces indices, outre la déclaration à la mairie, il est prudent de faire confirmer la présence de termites par un professionnel compétent. (voir article VI)

V. Termites : que faire ?

Avec des dégâts parfois spectaculaires et des coûts de traitement pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de francs pour un pavillon, les termites apparaissent comme un véritable fléau pour les propriétaires. Ils sont aussi la cause de nombreux contentieux à l’occasion de transactions immobilières. Il est donc préférable de ne pas attendre pour s’en préoccuper.

1) Etablir un état parasitaire.

En cas de suspicion de présence de termites (indices, présence dans le voisinage), il convient de faire établir un état parasitaire par un professionnel compétent (cf § 6). Celui-ci conseillera aussi les traitements à suivre. A titre indicatif, le coût d’un diagnostic pour un pavillon varie selon la particularité du lieu entre 500 et 1500 F.

2) Se débarrasser des termites.

Il existe deux stratégies pour se débarrasser des termites.

La barrière chimique.

Le principe consiste à empêcher les termites de pénétrer. Pour cela, le sol et les points de contact entre le bois et les maçonneries sont traités avec des insecticides spécifiques. Les termites qui étaient déjà à l’intérieur ne pourront plus rentrer à la termitière et finiront par mourir. Ce mode de traitement peut aussi être utilisé à titre préventif pour protéger une construction potentiellement menacée.

L’élimination.

Le but consiste à détruire la colonie en l’empoisonnant par l’intermédiaire des ouvriers qui l’alimentent. Un insecticide à effet lent est placé dans des appâts pour que les ouvriers l’ingurgitent et le rapportent à la termitière. Ce système est radical, mais nécessite souvent plusieurs mois. Comme il ne protège pas contre des envahissements ultérieurs provenant d’autres termitières, il est réservé aux foyers isolés de termites.

3) Construire en zone termitée.

Il est possible de protéger une construction des termites au moment de sa construction. Pour cela, il faut former une barrière chimique anti-termite, soit à l’aide d’un produit insecticide appliqué au sol, soit par la mise en place d’un film plastique souterrain contenant un termicide. En outre, il est recommandé d’utiliser des bois traités anti-termite pour tous les bois en contact avec la maçonnerie ou le sol.

VI. Faire appel à des professionnels certifiés

Les termites sont nettement plus difficiles à traiter que la plupart des autres nuisibles. Il faut donc faire appel à des prestataires compétents.

Etat parasitaire et diagnostic

Il n’existe aucune qualification officielle requise pour exercer cette activité. Chacun peut se présenter comme "expert termite". D’ailleurs depuis la parution de la loi, le nombre de prestataires s’est considérablement accru... La réglementation (article 9 de la loi termite) précise uniquement que cette activité est incompatible avec les activités de traitement des termites.

Il est prudent de choisir soigneusement son prestataire notamment en consultant la liste des experts bois de l’Association Française pour la Préservation du Bois.

Contact :
Association Française pour la Préservation du Bois.
6, avenue de Saint-Mandé. 75012 Paris.
Tel : 01 40 02 04 44.
Fax : 01 40 02 04 55.
E-mail : [email protected]

Traitement

La marque CTB-A+ certifie les entreprises de traitement curatif. Elle existe depuis 40 ans, elle est délivrée par le Centre Technique du Bois et de l’Ameublement (CTBA). Elle garantit que l’entreprise possède les compétences techniques et aussi qu’elle s’est engagée à respecter un code de déontologie commerciale. Les entreprises certifiées CTB-A+ garantissent le résultat et s’engagent à intervenir à nouveau si les termites reviennent.

Cette certification n’est toutefois pas obligatoire. Moins d’une entreprise sur trois intervenant dans ce secteur la possède.

La liste des entreprises certifiées CTB-A+ est disponible sur le site du CTBA : www.ctba.fr/certification/default.htm

La marque CTB-P+ s’applique aux produits insecticides. Elle garantit leur efficacité. Elle assure également que l’impact sur l’environnement et la santé humaine est maîtrisé.

La marque CTB-B+ concerne les bois. Elle garantit qu’ils ont été traités avec des produits adéquats et dans des conditions normalisées.

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