|
N° 5 - - 3 avril 2000
La filière bois au Salon de l'Agriculture
La forêt est meurtrie mais elle est bien vivante. Ceux qui doutaient ont pu sen convaincre en visitant le stand consacré à la forêt et au bois au dernier Salon de lAgriculture.
Unanimes dans leur détermination à faire bonne figure malgré les difficultés, tous les acteurs de la filière avaient délibérément placé leur action sous le signe de la confiance dans lavenir. Si le bois est omniprésent sur le stand, comme il se doit, cest dabord pour renforcer la confiance du public dans lavenir de la forêt. Promesse tenue, si lon en juge par les réactions des visiteurs. "Ça fait plaisir de voir que le monde de la forêt nest pas aussi abattu quon la dit" déclare cette agricultrice à la retraite, venue au Salon avec ses petits enfants.
Vocations précoces
Autre signe, lintérêt porté aux jeunes, largement sollicités par les animations organisées sur le stand. Les démonstrations de travail du bois présentées par les élèves de l'Ecole Boulle ont confirmé lattrait quexerce toujours ce prestigieux établissement auprès des lycéens.
Mais, au gré de leur visite, nombre de jeunes, notamment citadins, manifestent également leur intérêt pour les métiers du bois. "Jaimerais bien savoir sil existe des bacs pro dans cette branche" sinterroge Damien qui se dit "déçu par sa formation en électro-mécanique." Son copain Kamel approuve, persuadé qu "avec une bonne formation initiale, on évolue plus vite dans les métiers du bois".
Même curiosité chez ces lycéens de sections scientifiques venus en groupe pour faire le point sur les formations longues et courtes de la filière : "Tous les profs nous rabâchent que les bio-technologies agro-alimentaires ouvrent plein de perspectives mais je crois que la forêt reste une valeur sûre" affirme Sandrine en observant ses aînés, élèves agronomes à lINA de Paris-Grignon, avec convoitise.
Enfin du concret !
Autre préoccupation, sensible chez tous les visiteurs, jeunes et moins jeunes, lavenir de la forêt française. "Que faire de tous les bois à terre ? Faut-il ou non suspendre les coupes ? Consommer plus de bois? Comment reconstituer la forêt ? " A ces questions qui intriguent toujours les visiteurs tant ils ont entendu davis contradictoires, des panneaux disséminés dans le stand tentent de donner quelques certitudes.
Las des controverses, le public attend des réponses concrètes sur l'avenir de la forêt.
Ainsi Georges, commercial dans lagro-alimentaire, est heureux de constater que "les professionnels reprennent enfin linitiative et proposent des solutions concrètes" et regrette que "les médias aient consacré tant de place aux controverses."
Désir de comprendre
Ce souci de comprendre exactement la situation est manifeste également dans lintérêt quaccordent les visiteurs aux informations plus techniques. On nhésite pas à se faire expliquer les cartes de la forêt française par les spécialistes de lInventaire Forestier National ou ceux de lONF présents sur le stand.
A loccasion dun jeu proposé sur le stand, beaucoup constatent avec surprise que plus de 70% des forêts françaises appartiennent à des particuliers. Certains même se découvrent soudain un proche ou un parent propriétaire forestier.
Au regard des informations glânées ici ou là, chacun comprend que la forêt et le bois, loin des images bucoliques que nous chérissons, est un écosystème complexe où la main de lhomme et, à travers elle, la gestion forestière joue un rôle de plus en plus important. Car aujourdhui plus encore que par le passé, il importe de préserver cette ressource qui, très concrètement, fait vivre plus de 500000 de nos concitoyens.
.
|