boisforet-info Le Magazine du Bois et de la Forêt

N° 597 - - 14 juin 2001

Le bois donne sa chance aux jeunes

Au mois de mai, les collégiens de troisième doivent sérieusement réfléchir à leur orientation. Et les métiers du bois se révèlent comme un secteur plein d'avenir.

C'est le moment ou jamais de choisir le bois. Le secteur du bâtiment est en pleine croissance (plus de 20 % en deux ans) et les métiers du bois en profitent. On estime à 5000 personnes par an les besoins de renouvellement dans la profession. L'accord-cadre passé récemment devrait doper la construction-bois et créer de nombreux emplois pour des ouvriers qualifiés comme pour des postes d'encadrement jusqu'aux ingénieurs structure, qui manquent cruellement aujourd'hui en France.

1. Le bois un métier d'avenir
2. Le choix des formations
3. Et après le bac ?
4. L'apprentissage
5. Le ministre veut doper l'enseignement professionnel
6. Une réforme en cours
7. En savoir plus

1. Le bois un métier d'avenir

Matériau propre, léger, qui requiert intelligence et savoir-faire, le bois a toujours attiré les jeunes. Il est d'autant plus accessible que la profession s'est mécanisée et informatisée, de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques sont apparues, rendant le travail plus aisé et plus passionnant.
"L'image du charpentier qui porte les poutres à l'épaule est révolue grâce aux engins de levage et la mécanisation du métier. Les parents d'élèves n'ont pas toujours conscience de cette évolution" constate Jacques Doussin professeur d'IUFM. "Les métiers du bois ont une place à part dans les professions du bâtiment" ajoute-t-il "Ce sont de véritables métiers d'ensembliers. Les charpentiers doivent avoir des connaissances en géométrie, en physique mais aussi en chimie. Souvent, ils deviennent d'ailleurs chefs de chantier grâce à leur approche globale du bâtiment".

Autre atout, il y a des places à prendre. Une majorité d'entrepreneurs et d'artisans dans la filière approchent en effet de la retraite et cherchent des professionnels capables de reprendre leur activité.

2. Le choix des formations

Pour exercer le métier de charpentier ou de menuisier, le choix des formations est vaste. Elles peuvent être professionnelles, technologiques, spécialisées ou plus généralistes et sont dispensées dans les lycées professionnels ou technologiques ou par la voie de l'apprentissage.
Tout dépend de la volonté et de la capacité à poursuivre des études ou rentrer directement dans la vie active. Dans ce dernier cas, le CAP reste le diplôme privilégié. Il se prépare en deux ans au sein d'un lycée professionnel ou en apprentissage et comporte un enseignement général et technique avec des stages en entreprise. Il existe actuellement trois CAP pour les métiers du bois : "charpente", "menuiserie agencement" ou "fabrication industrielle de mobilier et menuiserie. Il est aujourd'hui tout à fait possible de passer plusieurs CAP ou de continuer ses études.

Le BEP, bois et matériaux associés est plutôt destiné à ceux qui veulent poursuivre leurs études. Aujourd'hui, il est possible d'accéder à l'enseignement technologique en passant par une première d'orientation pour ensuite passer un Bac STI spécialité "génie mécanique option bois et matériaux associés" et poursuivre ensuite jusqu'aux écoles d'ingénieur.

Le plus souvent, le jeune diplômé du BEP reste dans la filière professionnelle où il peut passer un bac pro "productique bois", ou "bois construction et aménagement du bâtiment". Il peut également se diriger vers un brevet de technicien dans le domaine de l'agencement, diplôme qui se prépare en deux ans après le BEP ou CAP. Autre alternative, le brevet professionnel menuiserie ou charpente, diplôme équivalent au bac pro mais qui se prépare uniquement en apprentissage pendant deux ans.

Enfin le futur charpentier ou menuisier pourra également se spécialiser grâce aux mentions complémentaires, formation d'enseignement professionnel d'une durée d'un an.

3. Et après le bac ?

Particulièrement recherchés aujourd'hui les diplômes de BTS font figure de voie royale. Deux ans après le bac, les étudiants sont assurés de trouver immédiatement un emploi bien rémunéré. "Nous avons beaucoup plus d'offres d'emploi que de diplômés" affirme-t-on au lycée du Bois de Mouchard (Jura) le plus ancien des lycées du bois qui propose cinq BTS. Parmi eux le B.T.S. Charpente-Couverture, qui s'est ouvert en septembre 1998, est une nouvelle formation qui prépare les futurs étudiant(e)s à des postes de technicien supérieur de bureau d'études ou de conducteur de chantier dans des entreprises de charpente et de réalisation de structures en bois.

Dans les Landes, le lycée de Saint Paul les Dax rassemble tous les BTS de la filière bois d'Aquitaine. "Le succès est incontestable" affirme Jean Louis Maroix, chef de travaux. "Pour le BTS SCBH, nous avons 70 demandes pour 24 places. Il faut dire que tous sont assurés de sortir ave une poste à responsabilité avec de bons salaires".

"Souvent, les entreprises recherchent des BTS pour réorganiser leurs entreprises" explique Jacques Doussin, professeur d'IUFM "Ce sont des formations qui intégrent des notions de productivité, de gestion, très utiles aux entreprises traditionnelles".

Autre avantage de la filière, l'évolution des métiers. Un élève entreprenant pourra cumuler. "Grâce à la structure de notre lycée, nous sommes très vigilants à repérer les bons éléments de BEP pour les amener à pousser leurs études et obtenir un bac pro ou technologique après une première d'orientation" confirme Jean Louis Maroix.

4. L'apprentissage

Dans les métiers du bois, l'apprentissage a le vent en poupe. Dans le secteur de la Charpente et menuiserie particulièrement, les inscriptions augmentent d'année en année et de plus en plus de formations supérieures sont aujourd'hui suivies par la voie de l'apprentissage.

"Au CFA du BTP du Mans, nous avons dû signer une convention avec le lycée professionnel voisin pour utiliser les locaux dont nous manquions " explique Marc Bourgeat, responsable pédagogique. Un engouement dû évidemment à l'aspect financier : l'apprenti bénéfice d'un contrat de salarié, est rémunéré et bénéficie des mêmes droits que tout autre employé de l'entreprise chez qui il effectue son apprentissage. Autre avantage souligne Marc Bourgeat, "le lien très étroit avec les professionnels, qui nous oblige d'ailleurs à suivre de près toutes les innovations, les nouvelles techniques et les besoins des professionnels. C'est particulièrement vrai dans la charpente menuiserie. Autant il n'est pas toujours facile d'impliquer les artisans, autant dans ce secteur, ils répondent toujours présents et participent activement à nos réunions". Nous suivons de près leurs besoins, c'est ainsi qu'à la rentrée 2001, nous mettons en place au CFA une Mention Complémentaire parqueteur".

Cette prise directe avec la réalité des entreprises présente aussi des inconvénients et le jeune apprenti peut parfois déchanter. "Souvent, le choix est lié à des contraintes géographiques, on choisit l'entreprise la plus proche de chez soi, mais les travaux demandés ne correspondent pas toujours à ce que l'on attendait, au risque de décourager le jeune qui abandonne. Dans le cas inverse, il arrive aussi souvent que le jeune apprenti se fasse embaucher par son maître d'apprentissage et abandonne ses études.

Ce n'est pas le cas de l'entreprise Maugy, constructeurs de maisons à ossatures bois à Iville (Eure) "Nous prenons régulièrement des apprentis, mais nous ne les embauchons pas définitivement. Même si nous avons beaucoup de mal à recruter du personnel, il nous semble important qu'un jeune puisse connaître plusieurs expériences professionnelles avant d'exercer" explique Chantal Roussel du service commercial.

5. Le ministre veut doper l'enseignement professionnel

Paradoxalement, malgré une conjoncture plus que favorable, les lycées professionnels ont du mal à remplir leurs classes. On comptait 30 000 inscriptions en moins à la dernière rentrée. "Un véritable gâchis" selon Jean Luc Mélenchon, ministre délégué à l'enseignement professionnel qui entend bien redonner ses lettres de noblesse à ces professions indispensables pour l'industrie comme pour l'artisanat. Les premières mesures ont été engagées comme le doublement de la prime d'équipement depuis la rentrée 2001 pour les lycéens de l'enseignement professionnel ou la mise en place de licences professionnelles. C'est aussi la mobilisation pour créer des lycées de métiers, qui concentreraient toutes les formations existantes autour d'une même filière.

"L’objectif de ce "nouveau lycée" est de revaloriser les filières professionnelles aux yeux du grand public, et d’augmenter le niveau de qualification de ces jeunes qui ont choisi une destinée plus manuelle qu’intellectuelle. Il en existe déjà quelques-uns dont, pour le bois, le lycée Charlotte-Perriand de Genech (menuiserie, ébénisterie, tapisserie d’ameublement) qui innove cette année avec la création d’un diplôme des métiers d’art (DMA) de niveau bac plus deux.

Dans les lycées professionnels aussi on se mobilise, et les nombreuses portes ouvertes qui se sont déroulées pendant la Semaine du Bois ont permis de constater l'intérêt des jeunes pour les métiers du bois. "Plus de 300 jeunes sont venus s'informer et ont pu constater la réalité de nos enseignements" explique Jean Louis Maroix, chef de travaux du lycée professionnel de Saint Paul Les Dax. "Beaucoup ont découvert que la filière bois était une filière de pointe. Grâce à ces journées, nous ne devrions pas avoir de problème de remplissage pour la prochaine rentrée scolaire" affirme-t-il.

6. Une réforme en cours

Inchangée depuis une trentaine d'années, la formation à la charpente menuiserie s'est adaptée d'elle même aux nouvelles technologies et aux nouveaux matériaux. Mais il fallait une réforme structurelle des enseignements. Elle est aujourd'hui en préparation au sein de la 10ème CPC, commission professionnelle consultative mise en place par le Ministère de l'Education Nationale. Sous la houlette d'un inspecteur d'académie, six professionnels du bois étudient les changements à apporter à l'enseignement de la charpente menuiserie.

Dans un premier temps, seuls les diplômes de niveau V, les CAP et BEP sont concernés. On envisage des changements de forme et de fond. Ainsi, quatre CAP devraient remplacer ceux existants : en menuiserie, deux secteurs seront clairement différenciés : la menuiserie du bâtiment ( pose des composants, etc…) concernera plus les hommes de chantier, et la menuiserie d'agencement comprendra 80 % d'atelier et privilégiera le travail du bois.

Concernant la charpente, le groupe de travail penche pour une évolution vers les métiers de la charpente traditionnelle bois, et un autre secteur axé plus sur la construction bois.

Autre aspect de la réforme, l'évolution du contenu notamment vers la charpente traditionnelle, très pratiquée mais peu enseignée, ainsi que vers l'ossature bois.
La réforme devrait être opérationnelle à la rentrée 2002.

7. En savoir plus

www.education.gouv.fr
Le site du Ministère de l'Education Nationale

www.eduscol.education.fr/
Le site de l'enseignement primaire et secondaire

www.site-en-bois.net/fr/dec/formations.phtml
Le site en bois : les différentes formations et les établissements

www.ucmp.org/Site/Pages_site/0031.html
La page des métiers du site de l'Union de la Charpente Menuiserie Parquets

www.ac-creteil.fr/web_filiere_bois/

www.lycee-du-bois.com/
Lycée du Bois de Mouchard (39)

www.mediaforest.net/LyceeSaintPaul/
Lycée de Saint Paul Les Dax (40)

www.eliamm.com/bois/Default.htm
Le lycée Couffignal à Strasbourg (67)

www.ac-creteil.fr/lpo_fmansart_sm/Welcome.html
Le lycée François Mansart - à La Varenne (94)

www.en-sarthe.com/cf-btp-lemans/
Centre de formation d'apprentis du BTP du Mans (72)

www.ccca-btp.fr/
Comité central de coordination de l'apprentissage du bâtiment et des travaux publics

.


Droits de reproduction et de diffusion réservés © www.bois-foret.info © Belvédère ©a2sc web design ©Algodia
L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de droits d'usage et d'en respecter les dispositions.