|
N° 935 - - 30 novembre 2001
PEFC France annonce les premières certifications de forêts françaises
La certification forestière française est en marche. Les forêts de Bourgogne pourront être certifiées à partir de janvier 2002.
|

© Blvdr
|
Et les premiers bois français arborant le logo du Pan European Forest Certification (PEFC) devraient être mis en vente à la fin du printemps 2002. La certification garantit que la forêt est exploitée selon les règles de la gestion durable défini au sommet de la Terre à Rio en 1992 et précisées à la conférence d’Helsinki.
Ainsi, après un long travail de préparation, l’Association Française de Certification Forestière (AFCF), dite PEFC France, entre dans sa phase opérationnelle. Après la Finlande et l’Allemagne notamment, la France est le 8e pays européen à certifier ses forêts.
" Nous avons préféré prendre le temps nécessaire pour mettre en place un système de certification réellement efficace et adapté aux spécificités de la forêt française ", annonce Henri Plauche-Gillon, président de l’AFCF et du conseil européen de PEFC. La première d’entre elles est le morcellement de la propriété forestière : entre 3,5 millions de propriétaires pour une surface totale de 15 millions d’hectares dont plus de 10 millions sont privés.
" Il était hors de question de faire une certification qui, pour des raisons financières ou structurelles soit réservée aux seuls gros propriétaires forestiers ", confirme Renaud Abord de Châtillon, président de l’Association Bourguignonne de Certification Forestière (ABCF). Non seulement cela n’aurait pas été très discriminant pour les petits propriétaires, mais cela aurait aussi empêché de valoriser convenablement une partie importante du patrimoine forestier français.
Ainsi en Bourgogne, ce ne sont pas moins de 165 000 propriétaires qui pourront prétendre obtenir la certification. Pour cela, ils devront s’engager à respecter le cahier des charges de gestion durable défini par l’ABCF à partir du référentiel national PEFC.
"Si la démarche de certification forestière est volontaire, elle n’en sera pas moins entourée du plus grand sérieux professionnel ", assure Stéphane Marchesi, le secrétaire général de PEFC France. Le contrôle sera effectué, comme dans tous les autres secteurs économiques (industrie, service, agriculture), par des organismes certificateurs accrédités par le COFRAC (comité français d’accréditation).
Un système adapté aux spécificités régionales
Le référentiel national définit 24 indicateurs et 98 recommandations au niveau national. Chaque entité régionale de certification forestière a toutefois la responsabilité de définir un cahier des charges spécifique tenant compte des particularités des forêts régionales. En effet, si les enjeux généraux (conservation et amélioration de la diversité biologique notamment) peuvent être énoncés au niveau national, les méthodes diffèrent nécessairement en fonction du contexte local. " La préservation des espèces et des milieux remarquables n’appelle pas les mêmes solutions et précautions que l’on soit dans les forêts méditerranéennes de chênes verts ou dans les chênaies-hêtraies du bassin parisien ", explique Stéphane Marchesi.
La très grande biodiversité des milieux forestiers français (plus de la moitié recensés en Europe par Natura 2000) imposait une approche locale. Celle-ci rend le système de certification français particulièrement pertinent. Il permet en effet d’établir des règles plus concrètes et donc plus facilement applicables par des propriétaires forestiers qui sont loin d’être tous des professionnels.
Enfin le système français de certification fait une large place à la concertation associant forestiers, industriels, consommateurs et usagers. " Le système possède des potentialités qui pourraient apporter bon nombre de réponses aux préoccupations actuelles pour une gestion forestière soutenable ", confirme d’ailleurs Sébastien Genest responsable du réseau forêt de France Nature Environnement qui a participé étroitement à l’élaboration du référentiel national.
"Reste encore à vérifier sa véritable pertinence dans sa mise en œuvre au niveau régional ", prévient le militant de la principale fédération d’associations de protection de l’environnement et de la nature.
Un travail qui devrait se faire tout au long de l’année 2002. Seize associations régionales de certification forestière sont constituées et travaillent à l’élaboration de leur référentiel. En Auvergne, Corse, Ile-de-France et Provence-Alpes-Cote-d’Azur, les entités régionales de certification sont en cours de constitution.
François Delaunay.
|