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  - 31 janvier 2002

1. Du bois pour la " Caisse "

Les Landes : des pins à perte de vue, une forêt où la Compagnie des Landes domine les autres propriétaires de la tête et des épaules.

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La Compagnie des Landes, avec ses 15 000 hectares, c’est la Caisse des Dépôts et Consignations. Les Landes, un lieu de spéculation foncière et forestière ?
Non, "la Caisse” conserve ce patrimoine davantage par fidélité à un héritage hautement politique, celui du soutien à Péreire ordonné par Napoléon III. Elle détient ailleurs en France près de 20 000 autres hectares de forêts, mais là aussi, la CDC s’est soumise à la volonté du pouvoir. Lorsque dans les années 60, l’Etat entame son désengagement du charbon lorrain, il demande à l’institution de la rue de Lille – ainsi qu’à l’UAP - de reprendre les vastes forêts des houillières, utilisées pour les étais de mine. La Caisse obtempère.
Aujourd’hui, le patrimoine forestier de la CDC est toujours là, avec des actifs estimés à 565 millions d'euros. Depuis 1966, il est géré par la Société Forestière (SF), qui a en charge 170 000 hectares, dont 90 % sont détenus par ces fameux investisseurs institutionnels, les "zinzins", auxquels on prête souvent tous les maux en matière de choix forestiers.
Ces investisseurs sont-ils pour autant zinzins de leurs forêts ? Pourquoi la Caisse Nationale de Prévoyance (CNP) est-elle toujours propriétaire de 60 000 hectares de bois, Axa de 24 000 hectares, le Crédit Agricole de 12 000 hectares et d’autres banques de quelques autres milliers d’hectares, faisant ainsi des "zinzins" les premiers propriétaires de la forêt française après l’Etat ?

La forêt n'est pas un eldorado fiscal

Chez Sogeservice, filiale de la Société Générale et avec 30 000 hectares second gestionnaire forestier délégué après la SF, Charles-Edouard Parent met les choses au clair d’entrée de jeu : " On ne peut espérer d’un investissement forestier guère mieux qu’un rendement de 2,5 % et encore faut-il, pour obtenir ce chiffre, tenir la distance minimale de 30 à 50 ans, l’unité de temps du monde à croissance ultra-lente de la forêt ".

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En d’autres termes, la forêt ne tient pas la comparaison avec les placements financiers. Elle n’est pas non plus un eldorado fiscal : dans la forêt française, seules les personnes physiques bénéficient d’une fiscalité adoucie qui tient compte de la lenteur du retour sur investissement : elles sont exonérées des 3/4 sur l’ISF, des 3/4 sur les droits de mutation et ne sont pas imposées sur les plus-values.
Les personnes morales, elles, n’ont droit à rien de cela. La nouvelle loi d’orientation forestière de juillet 2001 accorde bien aux SEF (Sociétés d’épargne foncière) une réduction d’impôt de 33 300 EUR pour un montant d’investissement maximum de 200 000 EUR ou 15 % du bénéfice imposable. Mais la SEF n’est pas la forme courante d’engagement forestier des "zinzins" qui ont acquis leurs massifs en direct ou à travers d’autres types de groupements.

Thibaut de Champris



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