- 29 mars 2002
3. Sur la trace des tritons forestiers avec la LPO.
Le Parc naturel régional des caps et marais d'opale a organisé de nombreuses sorties en forêt avec les associations locales. Dans la forêt de Clairmarais, cest la LPO qui servait de guide pour découvrir les amphibiens forestiers.
Quand Michel Huart, professeur de Sciences Naturelles du Collège Pierre Mendès-France d'Arques s’enfonce jusqu’aux chevilles dans la boue de la fondrière du chemin de la forêt de Clairmarais, les cinquante personnes qui le suivent écarquillent les yeux : " Mais qu’est qu’il peut bien trouver de si intéressant dans cette flaque d’eau ? " . La réponse fuse immédiatement : " Regardez cette grappe, c’est une ponte de grenouille rousse ", indique du doigt l’enseignant.
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Michel Huart
© blvdr
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Les promeneurs se jettent des regards en coin, confus de leur ignorance. Car de tels amas gluants et noirâtres, ils en ont tous déjà vu dans les ornières ou les fossés des chemins forestiers. Mais jamais ils n’auraient imaginé que cela puisse être des pouponnières de batraciens. Ils ne sont pas au bout de leur surprise devant la sagacité de Michel Huart.
" La grenouille est venu pondre samedi ou dimanche ", indique-t-il avec une précision de médecin légiste en faisant remarquer à l’assistance médusée, qu’à l’intérieur des œufs, les embryons ne forment encore qu’un grain rond et noir. " Ils ne commenceront à changer d’aspect qu’au bout de huit jours ", poursuit-il.
Le groupe est stupéfait d’entendre ce Sherlock Holmes des amphibiens lui révéler que la mère grenouille a été dérangée. " Normalement, la ponte devrait être beaucoup plus importante. Une grenouille pond environ 5000 œufs en une seule fois ", explique le naturaliste qui se révèle toutefois impuissant à désigner le coupable de ce regrettable dérangement. " Ce peut être un prédateur ou un promeneur ". Quoi qu'il en soit, la naissance des têtards est annoncée pour la première semaine d’avril : " L’incubation dure trois semaines ", précise Michel Huard en exhibant quelques instants plus tard un spécimen de grenouille verte.
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Grenouille rousse
Naturimage
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Grenouille verte
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La présentation du batracien forestier est vite écourtée, Michel Huart la relâche dans le fossé : " Ce sont des espèces protégées que l’on n’a pas droit de tuer ni même de transporter ", prévient-il en se dirigeant vers un trou d’eau à la recherche des tritons.
" Nous en avons trois espèces en forêt de Clairmarais ", annonce Michel Huart
La chance est au rendez-vous de la Semaine du Bois, les collégiens membres du club nature ont bien vite fait de débusquer les spécimens dans les feuilles mortes qui tapissent le fond de la petite mare artificielle, creusée par les chasseurs pour abreuver les cervidés de la forêt. Ces herpétologues* en herbe rivalisent de vivacité pour indiquer à leurs aînés de terminale agricole qui se sont joints à la sortie comment reconnaître les différentes espèces.
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Triton Alpestre
Naturimage
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Triton Palmé
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Les tritons palmés (Tritus helveticus) ainsi appelés en raison des petites palmes dont sont pourvus les pattes arrières des mâles sont les plus nombreux.
Le triton alpestre lui se reconnaît facilement à la couleur orange vif dont s’orne les ventres des mâles. Ils sont ubiquistes, ils se rencontrent dans presque toutes les forêts de France.
Le triton ponctué dont le mâle se dote d’une crête à la période de reproduction est, malgré son nom latin Tritus vulgaris, le moins répandu.
Les salamandres se font plus discrètes " Ce sont surtout des animaux nocturnes ", explique Michel Huart. Toutefois, dans l’eau de la mare, une larve accrochée aux racines des arbres honore de sa présence cette sortie organisée par la Ligue de la Protection des Oiseaux.
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Salamandre
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" Tous ces amphibiens ont un rôle écologique majeur ", explique Claude Dubois, le responsable local de la LPO. " Grenouilles et salamandres sont des régulateurs des moustiques. Chaque jour ils consomment l’équivalent de leur poids en insectes ", poursuit-il tout heureux d’avoir contribué à faire découvrir la richesse de cette faune de la forêt et d’avoir rencontré des forestiers.
Sur le chemin du retour, les idées vont bon train. " Nous avons un problème. La nuit, les voitures écrasent les amphibiens qui utilisent cette route forestière goudronnée comme terrain de chasse. Je demanderai à l’ONF si on peut la fermer à la circulation à la tombée du jour ", note Michel Huart.
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©blvdr
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Probablement que le dialogue initié entre forestiers et naturalistes favorisera l’avancée de la question.
" Paradoxalement, on ne se connaît guère même si on fréquente les mêmes lieux ", constate en effet Claude Dubois, désireux d’en apprendre plus sur la sylviculture des forêts du Parc naturel Régional de l’Audomarois .
Une demande qui réjouit grandement Thierry Mougey, le chargé de mission patrimoine naturel au sein du PNR, qui s’est investi pour organiser 7 sorties et une conférence dans le cadre de la Semaine du bois. " Cela aura permis à des acteurs locaux qui fonctionnent parfois en parallèle de se rencontrer. Pour un organisme comme le nôtre, qui a pour mission d’encourager la concertation et de permettre que se bâtissent des projets territoriaux communs, la Semaine du Bois est une opportunité très intéressante ", analyse-t-il.
Contact :
Parc naturel régional des caps et marais d'opale
Rue des Alpes BP 55 62510 Arques
Tel : 03 21 87 90 90
télécopie : 03 21 87 90 87
www.parcs-naturels-regionaux.tm.fr
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