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  - 17 avril 2002

Chantiers de l’Atlantique : le Phœnix renaît de ses cendres

Dans le royaume de l’acier, les savoirs-faire du bois ont joué un rôle de sauveur. Grâce à eux, les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire occupent la première place mondiale de la construction des paquebots.

Un paquebot bleu marine haut comme un immeuble, large et long comme une avenue, un palace des mers encore tout gris dans son revêtement antirouille, et tout le long du quai de pré-assemblage, des modules de seigneurs des océans en cours de montage.
À Saint-Nazaire, sur 108 hectares, les Chantiers de l’Atlantique vrombissent comme la plus démesurée des ruches industrielles. 5200 salariés d’Alstom marine s’y activent en compagnie d’une foule encore plus nombreuse de salariés des entreprises sous-traitantes.
Le temps est loin où les difficultés du chantier naval faisaient la une des journaux télévisés. Le fleuron de la construction navale française a indéniablement renoué avec ses heures les plus glorieuses, celles d’avant le choc pétrolier, où les super-tankers y étaient construits à la chaîne.
" Le carnet de commandes est plein, nous construisons jusqu’à six bateaux par an ", annonce Bernard Biger, de la cellule communication. Le chiffre d’affaires annuel donne lui aussi dans la démesure : 1,745 milliard d’Euros.

Le boom du marché des croisières

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Le quai de prémontage
© BLVDR

C’est le boom du marché des croisières qui a redonné une nouvelle chance aux Chantiers de l’Atlantique. " Il n’y avait que sur ce créneau des bateaux spéciaux où l’armement est très important que nous pouvions encore tirer notre épingle du jeu ", constate cet ancien comptable mû en poisson pilote pour journaliste.

Autant dire que face à la concurrence de la construction navale des pays émergents, les Chantiers de l’Atlantique n’avaient pas leur chance pour construire des bateaux vides. " C’est l’aménagement des bateaux qui nous a sauvé", reconnaît Bernard Biger.

Bref, la chance des Chantiers de l’Atlantique c’est d’avoir pu s’appuyer sur un vaste réseau de 800 entreprises détentrices d’une palette de savoirs-faire aussi variés que rares. Évolution sémantique significative, Alstom, reconnaissant, préfère parler d’entreprises co-réalisatrices plutôt que d’entreprises sous-traitantes.

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Un géant en cale sèche
© BLVDR

Il n’y a en effet que peu de pays dans le monde où l’on peut à la fois concilier la force des métiers du fer et la finesse des métiers du bois.
" En fait, nos seuls concurrents sont les Italiens, les Allemands et les Finlandais ", indique Bernard Biger.
"Nos clients sont Américains, Grecs, Norvégiens et aussi Japonais ", précise-t-il dans sa cote bleue.
Preuve éclatante de cette reconnaissance mondiale, les Chantiers de l’Atlantique viennent de mettre en chantier le Queen Mary II. Avec ses 345 m de long et ses 1320 cabines, ce sera en 2004, le plus grand paquebot de tous les temps.



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