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Si la région Provence Alpes Côte d’Azur est assurément la région touristique des vacances à la mer, elle offre également, avec 1,3 millions d’hectares, la troisème plus vaste surface boisée de France. Les boisements y couvrent 40 % du territoire.
Une omniprésence qui cache cependant une grande disparité régionale.
Les départements du littoral sont principalement couverts par des formations basses de taillis de chênes vert, de pins d’Alep et de garrigues, très vulnérables aux incendies de forêts. En revanche, les fûtaies de résineux (pin sylvestre et mélèze) dominent dans les départements montagneux.
Cette opposition entre le littoral et la montagne se retrouve également au niveau du statut foncier des forêts. Dans les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, 80% de la forêt est privée alors que dans les montagnes cette proportion est largement inférieure à la moyenne nationale qui est de 70 %. Dans le département des Alpes de Hautes-Provence, qui possède, avec les Hautes-Alpes, la plus grande surface forestière de la région, la forêt publique est même majoritaire.
Une forte présence des pouvoirs publics qui s’explique aussi par les efforts entrepris au XIX ème siècle pour reconstituer une forêt qui avait cruellement souffert et pour limiter les inondations que la mise à nu des terres favorisait.
Mont Ventoux : un géant reboisé
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Lors du dernier Tour de France, Lance Armstrong, en gravissant à vive allure les pentes du Ventoux, aura probablement apprécié, comme le reste du peloton et les innombrables spectateurs, l’ombre offerte par les forêts de mélèzes qui couvrent le versant Nord au-dessus du village de Malaucène. Il aura sûrement salué les bontés de la nature. Malheureusement, il n’aura pas rattrapé Richard Virenque assez tôt. Car celui-ci en tant que régional de l’étape, n’aura pas manqué de lui expliquer que cette forêt resplendissante avait été entièrement replantée par l’homme au XIXème siècle. C’est que durant des siècles les forêts du Géant de Provence ont alimenté les fours à chaux locaux, les verreries, distilleries et autres tuileries ainsi que l’arsenal de Toulon, tant et si bien qu’à l’époque de la Révolution, elles étaient totalement décimées.
Il aura fallu une puissante intervention de l’État et des communes locales pour entreprendre de grands travaux afin d’y replanter et semer 20 000 ha de forêts de conifères. Les forestiers en profitèrent également pour introduire le cèdre d’Algérie et former, à Bédoin, la plus grande forêt de cèdres d’Europe.
Aujourd’hui, le site du Mont Ventoux est classé par l’Unesco comme réserve de biosphère. Ses milieux variés présentent une grande diversité de plantes dont certaines, comme l’ancolie de Bertoloni sont aussi belles que rares. Le Mont Ventoux est également un site réputé pour l’observation du brame du cerf à l’automne.
Forêt de Boscodon : l’abbaye des sapins et des mélèzes
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Célèbre depuis le XIIè siècle pour la qualité exceptionnelle de ses sapins, la forêt de Boscodon couvre 850 ha et offre une rare variété d’espèces ligneuses. On en dénombre 64, soit presque la moitié des espèces vivantes en France. Principalement composée de hêtraies sapinières qui offrent aux Sabots de Vénus l’une de ses plus belles stations, elle comporte également de très précieuses forêts de ravin.
Les mélèzes y prospèrent comme nulle part ailleurs. Certains spécimens sont âgés de plus de 500 ans et d’autres atteignent une hauteur impressionnante de 50 m. La forêt de Boscodon est parcourue par de nombreux sentiers qui sont ponctués de belvédères offrant de splendides points de vue sur le lac de Serre-Ponçon et la vallée de la Durance. L’abbaye de Boscodon, qui assura l’exploitation et la protection de cette magnifique forêt, offre, avec sa toiture de bardeaux de mélèze, un but de promenade très intéressant.
Espaces naturels protégés
Cap Taillat : flux et reflux de la forêt
Le Cap Taillat est le plus enclavé des trois espaces naturels protégés de la presqu’île de Saint-Tropez. Localisé à la limite de la commune de Ramatuelle et de la Croix-Valmer, vous n’y accèderez que par le sentier littoral au bout de d’une demi-heure de marche, à partir de l’Escalet ou de la baie de Gigaro. Fréquenté par près de 180 000 personnes par an, ce bout de maquis méditerranéen est un ravissement pour les sens.
Pour la vue, avec le contraste du bleu de la mer, de la blancheur des terrains siliceux et du vert des chênes méditerranéens (vert, pubescent et liège).
Pour l’odorat, avec les senteurs de la myrte et des nombreuses autres plantes odoriférantes qui y poussent.
Pour l’ouïe, avec le chant des oiseaux et des cigales sur le bruit de fond du ressac.
Pour le toucher, entre la douceur de l’eau et les piquants de la végétation, et même pour le goût puisque les arbousiers offrent à l’automne leurs fruits savoureux.
Mais aussi pour l’esprit. Votre curiosité ne manquera pas d’être frappée par les formes curieuses des pins d’Alep anamorphosés. Tels des bonsaïs tourmentés, ils fuient les embruns salés de la mer en rampant entre les anfractuosités du sol. Mais le Cap Taillat fera aussi appel à votre intelligence pour comprendre ce lien incroyablement complexe unissant l’homme à cette nature qui modèle ainsi nos paysages.
Si aujourd’hui, ce magnifique espace boisé de 80 ha acquis par le Conservatoire du Littoral et géré par le Conservatoire des Espaces Naturels de Provence, abrite de nombreux arbres, leur histoire est des plus mouvementées. Déjà la présence de mégalithes témoigne de l’extrême ancienneté de l’occupation humaine. Les pins pignon qui sont visibles sur les hauteurs sont l’héritage des premiers Grecs qui avaient colonisé, vers 800 avant Jésus-Christ le littoral provençal et fondé les villes de Nice et de Marseille.
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Plus tard, entre le pastoralisme, l’exploitation des mines et du bois de chauffage et les épisodes de mise en culture, la forêt n’a cessé contrairement à la Méditerranée, d’être animée d’un incessant mouvement de marée dont les boisements actuels ne sont que le dernier retour. Sous Napoléon, les cartes anciennes indiquent que le site du Cap Taillat était en culture, 50 ans plus tard le maquis avait recolonisé les terres et des photographies anciennes montrent qu’au début du XXème siècle il était à nouveau débroussaillé.
Même l’histoire récente confirme ces allers et venues de la forêt. Incendiée en 1980, dégradée par les parcours de motocross, la végétation s’est depuis reconstituée, faisant la preuve de son incroyable force.
Aujourd’hui avec son classement comme espace naturel protégé, le Cap Taillat met en avant sa fonction de refuge faunistique et la floristique. Le site abrite une très grande variété d’espèces rares et protégées dont la tortue d’Herman, le guêpier d’Europe et le merle bleu. Parmi les papillons, l’écaillé chiné est le plus emblématique de la biodiversité des lieux. La flore y est aussi d’une richesse incroyable. Le Cap Taillat abrite quelques uns des plus beaux groupements de plantes thermophiles de France, au rang desquelles on compte la barbe de Jupiter ou la Thymélée hirsute. Le Cap Taillat est aussi l’une des rares stations françaises de palmier nain.
Une fonction de sanctuaire que le cap Taillat réussit, grâce aux efforts des conservateurs, à concilier avec celle d’accueil du tourisme. Pour cela, il convient de canaliser les cheminements pour éviter la divagation des piétinements qui accélèrent l’érosion des sols.
Le Cap Taillat est encore peu équipé en signalétiques pédagogiques, comme il en existe sur le site voisin du Cap Lardier où des guides touristiques proposent également des visites commentées. Toutefois, André Martinez, quand son travail de gestionnaire du Cap Taillat, lui laisse un peu de temps, est tout à fait disposé à accueillir des groupes constitués pour des visites guidées passionnantes.
S’y rendre : Ramatuelle ou La Croix-Valmer. Par le sentier littoral, à partir de l’Escalet ou de la baie de Gigaro
Visite : accès libre, visite sur rendez-vous
Contact : André Martinez
Tel : 06 11 52 04 18
Gestionnaire :
Conservatoire des Espaces naturels de Provence
B.P. 304
13609 Aix en Provence cedex 1
tél. 04 42 23 95 60
fax 04 42 96 21 08
[email protected]
http://www.espaces-naturels-provence.com
L'accueil en forêt
Maison du parc du Parc naturel régional du Queyras
Route de la Gare - BP 3 - 05600 Guillestre
Tél. 04 92 45 06 23 - Fax. 04 92 45 27 20
Mail : [email protected]
Écomusée de la forêt Méditerranéenne - Gardanne (Bouches du Rhône)
Entre Aix-en-Provence et Gardanne, dans les paysages provençaux où s’entremêlent forêts et garrigue, l’Écomusée de la forêt méditerranéenne vous offre plusieurs heures de visites instructives dans son parc de 13 hectares et ses 10 salles d’exposition
Écomusée de la forêt Méditerranéenne. Institut pour la forêt.
Renseignement : Chemin de Roman CD7 13120 Gardanne.
Tel : 04 42 65 42 10 - Fax : 04 42 65 42 11.
e.mail : [email protected]
http://www.fondation-pour-la-foret.enprovence.com/index.html
Voir l'article de BFI
Maison de la Nature et de l'Environnement - Aix en Provence (Bouches du Rhône)
La Maison a pour objectif de sensibiliser le grand public par le biais d'expositions, conférences, débats, sorties nature, à l'environnement.
2, place Jeanne d'Arc, Aix-en-Provence - 13100
Tél. : 04 42 93 15 80 - Fax : 04 42 93 15 89
Ouverture tous les jours de 10h à12 h30 et de 14h à19h sauf samedi après-midi et dimanche.
Arbres remarquables
Le circuit du mèlèze Silloud
Situé dans le vallon de Bramousse, en forêt de Guillestre (Hautes-Alpes) sur le versant nord des gorges du Guil, le Mélèze Silloud, vieux de plusieurs siècle fait plus de 7 mètres de circonférence.
Pour s’y rendre, monter à Bramousse (altitude 1475 mètres) puis suivre le GR® 58 jusqu’au chalet de Bramousse (1841 mètres). Après la chapelle, un sentier à droite suit une ancienne traîne de bûcheron jusqu’à ce fameux et vénérable résineux. À remarquer dans cette forêt, quelques beaux spécimens de ins Cembro.