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  - 11 octobre 2002

3. Le pin à la conquête des nouveaux marchés de la santé

L’écorce de pin est riche en oligomères procyanidoliques (OPC). Des substances qui facilitent la circulation sanguine et qui pourraient aussi freiner les processus de vieillissement cellulaire. Le bois se rêve un avenir de filtre de jouvence.

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Yannick Piriou, DRT
© Blvdr

À la différence de ses confrères en quête de nouveaux plastiques, Yannick Piriou, directeur de la Recherche et du Développement chez Dérivés Résiniques et Terpéniques (DRT) ne voit pas la pétrochimie comme une forteresse inexpugnable. C’est qu’il est déjà bien campé sur un marché où le bois est incontournable : la chimie fine.
" La plupart des composés que nous produisons sont des adjuvants indispensables à la fabrication de nombreux polymères synthétiques ", constate-t-il.
Dans son entreprise installée depuis 1932 dans les Landes, ses productions trouvent des applications incroyablement variées : adhésifs, chewing-gum, caoutchouc, encres d'imprimerie, pigments, cosmétiques, peintures et vernis… Ce qui ne l’empêche pas de lorgner vers d’autres horizons. En premier, le secteur de la santé.

Dans ce domaine, deux produits végétaux très répandus en Aquitaine, défrayent la chronique médicale depuis quelques années : l’écorce de pin et le pépin de raisin. Principal enjeu, convaincre les milieux médicaux et le public des vertus des oligomères procyanidoliques (OPC) contenus dans ces substances végétales.
Inutile de préciser quelle substance a la préférence de Yannick Piriou. L’écorce de pin est d’ailleurs depuis longtemps un précurseur pour ces applications. “ Notre procédé d’extraction-purification à partir d’écorces de pin conduit à des composés à haute teneur en OPC qui ont des propriétés intéressantes tant pour leurs propriétés veinotoniques que pour leur action antioxydante ”, assure-t-il.

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Précurseur, l'écorce de pin
© Blvdr

Depuis plusieurs années l’industrie pharmaceutique a mis à profit les vertus thérapeutiques de ces substances. Elles entrent dans la composition de nombreux médicaments contre les pathologies de la rétine, les phlébites et l’insuffisance veineuse.
Les OPC du bois pourraient aussi avoir des effets anti-oxydants dans les compléments alimentaires, un marché encore peu développé en France où ces produits sont souvent associés à l’univers des médecines douces.
Même si l’effet anti-oxydant de certaines vitamines (C, E et A…) et d’autres oligoéléments est scientifiquement démontré sur les radicaux libres, l’efficacité des formulations censées lutter contre les désordres immunitaires et le vieillissement est moins certaine. La présence d’oligomères procyanidoliques (OPC) n’en reste pas moins un solide argument pour les produits diététiques ou cosmétiques. À défaut de garantir la santé, la chimie du bois peut, au moins, promettre la forme, la beauté et la jeunesse.

Gilles Vilain



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