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  - 17 septembre 2001

Série : les arbres de vos vacances Le pin parasol, l’arbre des Césars

Avec son nom et sa silhouette, le pin parasol apparaît comme une douce invitation aux vacances, comme un appel provocateur au farniente.
Mis en ligne le 30 / 07 / 2001


Crédit : J. Laurent - Cemagref /Aix

Mais si son vaste houppier abrite les humains des ardeurs du soleil et du travail, son rôle protecteur va bien plus loin. Il participe aussi à la lutte contre les incendies de forêt et limite l’érosion des sols. Ses fruits, les pignons dont les Romains étaient si friands, donnent encore aujourd’hui toute sa saveur à la cuisine italienne.

1. La star du littoral
2. Les forêts de graines
3. Des grains de soleil pour vos salades
4. Un arbre protecteur
5. Où voir les pins parasols

1. La star du littoral

Sa silhouette en ombrelle a fait du pin parasol l’arbre le plus célèbre de la flore française, en dépit d’une sa très faible diffusion, puisque le Pin parasol couvre tout juste 13 000 ha de terrain.

Essence de lumière, il affectionne les littoraux ensoleillés. On le retrouve en compagnie des stars aux environs de Saint-Tropez, dans le département du Var où se concentre plus de 40 % des boisements.

Son port caractéristique s’explique par le fait qu’une fois atteint la hauteur de 20 à 25 mètres, le bourgeon terminal de l’arbre stoppe sa croissance, au contraire des branches et des rameaux latéraux qui s’étalent alors sur le même plan que la cime. L’arbre offre alors un ombrage qui peut allègrement couvrir plus d’une centaine de mètres carrés.

Dans le même temps, les branches basses se détachent du tronc, ce qui lui confère cette allure de star des plages. Mais la beauté du pin parasol est éphémère. L’espèce jouit d’une longévité toute relative et les plus vieux individus dépassent rarement 150 ans.

Répondant au nom savant de Pinus pinea, le pin parasol, au stade juvénile, ne se met pas encore en valeur et se distingue plus difficilement des autres espèces de pins.

Ses aiguilles permettent toutefois de l’identifier. Comme la plupart des espèces communes de pins en France, il présente des aiguilles groupées par paire (seule l’espèce montagnarde du pin Cembro a des aiguilles groupées par cinq).

La longueur des aiguilles, plus de dix centimètres, permet de le distinguer du pin sylvestre et du pin d’Alep. À la différence du pin maritime et du pin noir d’Autriche, les aiguilles du pin parasol sont souples et non piquantes. Elles sont aussi plus droites que celles du pin Laricio qui sont légèrement frisées.

Les cônes du pin parasol sont très caractéristiques. Ils sont gros, plus ronds et moins longs que ceux du pin maritime. Il leur faut trois années pour mûrir. Le pin parasol porte ainsi en permanence des cônes à trois stades de maturité différents.

La graine ou le pignon du pin parasol est beaucoup plus grosse que celles des autres espèces. Dépourvue d’ailette, elle voyage mal, ce qui explique que le pin parasol, ne se propage pas aussi facilement que le pin d’Alep par exemple. Même si on a pu retrouver en France des pollens de pin parasol vieux de 6 000 ans, l’expansion de l’aire de répartition de l’espèce, sur l’ensemble du littoral septentrional de la Méditerranée, semble devoir beaucoup à l’homme.

La diffusion du pin parasol a en effet été largement favorisée par les Romains qui appréciaient ses fruits.

2. Les forêts de graines

En France, le pin parasol est estimé pour la beauté de sa silhouette mais dans de nombreux autres pays de la Méditerranée, il est surtout apprécié pour la qualité gustative de ses fruits.

L’Italie est indéniablement le pays du pin parasol. De vastes pinèdes, en Toscane notamment, y produisent les pignons qui agrémentent depuis l’Antiquité la cuisine romaine.

La récolte a lieu à la fin de l’automne et en hiver. L’opération exige de grimper au sommet des arbres pour en faire tomber les cônes mûrs âgés de trois ans.

Les pommes de pin sont alors ramassées et stockées en tas jusqu’à l’été. Elles seront alors étalées sur de vastes aires où la chaleur du soleil les fera s’ouvrir.

Les graines sont ensuite extraites. Longtemps manuelle, cette opération est mécanisée depuis une trentaine d’années.

La production de pignons de pin nécessite cependant beaucoup de main d’œuvre. Il faut en effet traiter 7 kilogrammes de cônes pour recueillir un kilogramme de graines. Ce qui fait du pignon une production de luxe qui se vend au détail en France à près de 30 euros le kilogramme.

La production débute 20 ans après la plantation et atteint son maximum vers l’âge de 40 ans. Elle décline très fortement après 80 ans. Les meilleures pinèdes produisent environ 1200 à 1400 kg de pignons par an et par hectare.

Il convient toutefois de ne pas confondre les pignons du pin parasol avec les pignons des pins de Chine. Trois à quatre fois moins onéreux, ils sont aussi incomparablement moins goûteux. De forme triangulaire, plus courts et plus gros, les pignons de Chine ne sont pas les graines de Pinus pinea mais d'une autre espèce de pins.

Liens
http://www.pinoli.it
http://www.lavorazionepinoli.it

3. Des grains de soleil pour vos salades

Associé au basilic, le pignon de pin est le composant de base du fameux pesto gênois qui donne sa verdeur et son goût si parfumé aux pâtes italiennes. Mais les mamas et les cuisiniers de la presqu’île ont mille et une autres façons d’utiliser les pignons.

À Paris, Pierre-Nicolas Vernier, chef du restaurant "Il Cortile", affectionne particulièrement le subtil goût de ces graines de pins. "C’est un produit typique avec des qualités gustatives très fines", explique l’élève d’Alain Ducasse. Les pignons de pins donnent du croquant à ses recettes inspirées de la cuisine italienne. Parmi un risotto aux grenouilles, une porchetta de lapin, des cannelloni de homard, un bar aux poireaux et à la sauce Barolo, une piccata de veau, la carte du jeune chef propose des "Linguine au pesto et aux pignons dorés".

Pour apporter de la fantaisie à vos salades de l’été, Pierre-Nicolas Vernier vous recommande d’ajouter des pignons de pins et accepte de livrer un truc de cuisinier : "Faîtes dorer vos pignons à la poêle avec un peu d’huile d’olive. Cela rehaussera encore leur goût", explique-t-il. Mais attention, l’opération nécessite la plus grande vigilance. "Les pignons doivent être dorés à feu très doux, pas plus d’une à deux minutes et sans jamais cesser de les faire sauter", prévient-il. Il convient ensuite de les égoutter sur un papier absorbant avant de les jeter dans vos salades où ils brilleront comme des gouttes de Méditerranée.

Lien : http://www.alain-ducasse.com/d_ilcortile.htm

4. Un arbre protecteur

Le bois du pin parasol est de qualité médiocre et n’est bien souvent valorisé que comme bois d’industrie pour les usines de trituration ou de panneaux de particules.

Il n'en est pourtant pas moins une essence très précieuse. En plus de la valeur esthétique de sa silhouette et de la qualité gustative de ses graines, le pin parasol apporte beaucoup aux hommes.

Soleil

Il offre tout d’abord la meilleure protection contre le soleil méridional. Dans "sa supplique pour être enterré sur la plage de Sète", Georges Brassens lui-même souhaitait un pin parasol sur sa tombe pour protéger ses amis. Le pin parasol fait partie intégrante de l’art de vivre méditerranéen.

Feux

Son ombre est également précieuse contre les incendies. Elle freine la croissance de la végétation arbustive et limite ainsi grandement le développement des broussailles en sous-bois. Les pinèdes de pin parasol sont ainsi moins vulnérables aux incendies que les pinèdes de pin d’Alep ou de pins maritimes.

Cette caractéristique en fait une essence très appréciées des forestiers. Le Cemagref qui a en charge la production des semences de pin parasol, favorise la diffusion de ces boisements anti-feux. Car si sa grosse graine l’empêche de se disperser spontanément, le pin parasol voyage très facilement au gré des besoins ou de la fantaisie des hommes.

Les jeunes pousses sont très frugales, elles résistent à la sécheresse et peuvent germer sur des sols pauvres. Plus tard, au stade adulte, l’arbre s’adapte à presque tous les sols à la seule exception des sols marécageux ou argileux.

Erosion

Le pin parasol étend loin ses racines en surface. Une propriété qui lui permet de fixer les sols sableux des dunes littorales. Cette caractéristique lui a valu d’être utilisé par l’homme, et cela depuis le Moyen-âge, pour stabiliser les lignes de rivages. C’est une des raisons pour laquelle le pin parasol est si présent sur le littoral méditerranéen et qu’il a aussi été implanté sur les côtes de l’Atlantique, jusqu’en Bretagne où il donne des airs méridionaux aux chemins des douaniers du Golfe du Morbihan et du pays bigouden par exemple.

Avec le développement du tourisme vert et des loisirs de randonnée, le pin parasol est devenu un allié des gestionnaires d’espaces naturels. Il offre une armature aux sols attaqués par le passage des semelles des promeneurs ou par les crampons des pneus de VTT.

Une armature qui n’est toutefois pas une armure et qui a donc besoin aussi parfois d’être ménagé. À force de servir de marche-pied aux promeneurs, les pins parasols finissent par souffrir. Il faut alors, comme sur certains tronçons du sentier littoral du Parc national de Port-Cros, détourner le passage des randonneurs.

5. Où voir les pins parasols

La Côte d’Azur est, en France, la région de prédilection du pin parasol mais il s’en trouve également de très beaux en Vendée notamment. En raison de leur faible longévité, les pins parasols, comparativement à d’autres espèces, offrent peu de cas d’arbres très spectaculaires.

Outre leur élégance, les individus présentent un intérêt plus ou moins historique.
o Pin de Nesmy en Vendée planté en 1843 pour la naissance du fils d’un notable local,
o Pin du parc du palais Carnolés (06), résidence d’été des princes de Monaco au XIX siècle,
o Pins d’Aigues-Mortes (13), arbres isolés dans le vignoble de Listel.
o Alignements de Sainte-Maxime dans le Var,
o Alignements de l’Institut protestant de Saverdun.

À ne pas manquer

L’île de Porquerolles offre des très beaux exemples des pins parasols centenaires. Ce peut aussi être l’occasion de rendre visite au Conservatoire Botanique National
http://www.see.it/cbn/cbn28.html et d’admirer les collections d’arbres fruitiers méditerranéens.

En marchant

La petite commune d’Aragon en Cabardès dans l’Aude propose un sentier de découverte botanique où parmi de très nombreuses autres plantes et arbres, il est possible d’admirer des pins parasols.
http://www.aragon-cabardes.com.fr

À lire

Le pin parasol.
Lionel Hignard, Alain Pontoppidan,
collection " le nom de l’arbre ". Actes SUD nov 1995.
ACTES SUD, LE MÉJAN
PLACE NINA-BERBEROVA
13200 ARLES
[email protected]
http://www.actes-sud.fr
Tél. 04 90 49 86 91
Fax 04 90 96 95 25





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