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  - 17 septembre 2001

Reportage : une journée dans les arbres avec les accro-branchés

Nostalgie de l’enfance, retour à la nature, recherche d’émotions fortes, quelle qu’en soit la motivation, l’escalade dans les arbres devient un loisir à la mode.




Cet été, des centaines d’animations sont proposées à travers la France, mais toutes n’ont pas la même approche des arbres. BFI est allé passer une journée avec les accro-branchés à l’Arboretum National des Barres, dans le Loiret. Récit.

1. Connaître les arbres
2. Oh là là, c'est haut
3. L’accrobranche, la passion des arbres
4. La folie du PAF, le parcours acrobatique en forêt

1. Connaître les arbres

C’est par l’A77 "l’autoroute de l’arbre" que l’on arrive à l’Arboretum National des Barres, à Nogent-sur-Vernisson. Il faut dire qu’un tel lieu méritait bien une autoroute. Créé par Philippe André de Vilmorin en 1821, il est l’un des plus importants et plus anciens arboretums de France. Forêt des cinq continents, elle abrite 2700 essences d’arbres du monde entier. On ne pouvait rêver de lieu plus adapté pour s’initier à l’accrobranche. C’est bien ce qu’a pensé l’Adiaf, association chargée de l’accueil du public et de la promotion du domaine, qui, depuis trois ans, propose aux visiteurs cette découverte originale de ce lieu magique.

L’occasion de mieux comprendre les arbres en les touchant de près, de très près mais aussi de profiter d’un lieu exceptionnel pour apprendre à respecter le milieu forestier. Chaque séance d’accrobranche est donc précédée d’une animation pédagogique et sensorielle.

Ce jour-là, c’est Raphael, stagiaire animateur, qui entraîne le petit groupe dans les allées de la collection systématique.

Première épreuve, reconnaître les feuilles de chêne et les feuilles d’érable. Pas si simple, les différentes essences de ces deux espèces sont nombreuses et très variées. Quelques instants de pause, assis en rond, les yeux fermés pour mieux percevoir les bruits, chants des oiseaux, bruissement des feuilles avant un petit détour par "le désespoir du singe" (l’Araucaria) et ses aiguilles acérées, puis le séquoia, et son écorce rouge et tendre.

Raphael explique les particularités des essences rencontrées, mais veille au grain : "non, on n’emporte pas un petit bout d’écorce en souvenir". Un peu plus tard, il entraîne tous les participants à former un arbre humain. Bruno et Philippe forment le cœur, Axel, Ludovic, Lauriane et Clara l’écorce, Isabelle et Paul les vaisseaux puis quatre autres volontaires, les racines. Enfin, Raphael, transformé en insecte xylophage volète en expliquant comment un "méchant accrobranche", en cassant des branches ou ne respectant pas l’arbre, peut entraîner sa mort. C’est simple, efficace, tout le monde a compris !

À plusieurs mètres d’un mélèze, Raphael propose ensuite de s’exercer au maniement de la croix du bûcheron, utilisée pour mesurer la hauteur d’un arbre.

Enfin, juste avant le pique-nique, le parcours sensoriel que l’on suit pieds nus, les yeux bandés, fait hurler de joie… ou de dégoût, les enfants débarrassés de leurs Nike. Tous sont d’ailleurs bien décidés à grimper pieds nus "pour mieux sentir l’écorce".

2. Oh là là, c’est haut !

Les couettes au vent, Florine se balance en chantant à une dizaine de mètres du sol, les fesses bien calées dans son baudrier. À sept ans, le bout de chou grimpe à l’assaut d’un pin aussi vite qu’un écureuil. Noé et Paul choisissent avec attention l’arbre dans lequel ils vont grimper. Ce sont les grands-parents de Noé qui lui ont offert cette journée dans les arbres et les deux cousins ont bien l’intention d’en profiter.

Pour l’instant le choix est cornélien. Monter tout seul en "footlock" ou en s’assurant mutuellement avec la "moulinette". Quel arbre choisir, le tilleul aux feuillages rassurants ou le pin aux branches régulières ? Dans cette parcelle forestière du domaine des Barres, Max et Alban, de l’association des accro-branchés d’Ile de France, ont équipé une douzaine d’arbres.

Après une courte explication des techniques de grimpe, ils laissent chacun évoluer au gré de ses envies, attentif au moindre souci, à la moindre angoisse. D’une voix douce et calme, Max conseille et encourage mais jamais ne force. "Ce n’est pas une compétition, chacun doit aller à son rythme selon son envie" explique cet ancien élagueur qui, sans hésiter, a laisser tomber sa tronçonneuse pour suivre les accrobranchés.

"En général tout le monde se laisse prendre par la magie de l’arbre et ose grimper" ajoute-t-il "après quelques heures de pratique, on éprouve une véritable communion avec l’arbre, c’est une sensation unique". On veut bien le croire. Peu à peu, même les plus réticents prennent de l’assurance. Isabelle, en vacances dans la région, est venue sur les conseils de l’office du tourisme avec son fils Jérémie, véritable casse-cou. Hésitante au départ, elle finira l’après midi par une tyrolienne ébouriffante, sous les yeux ébahis de son rejeton.

Quant à Axel, il n’hésite pas à s’attaquer au majestueux séquoia. Déjà on ne le voit plus, perdu dans la cime de l’arbre de 40 mètres de hauteur. Redescendu sur la terre ferme, les yeux brillants, il n’en revient pas : "c’est incroyable, il y avait un nuage à côté de moi".

L’après-midi s’achève trop vite. Alban donne le signal du départ par un époustouflant saut de l’ange du haut d’un pin. Frère d’un élagueur qui l’a initié à l’accrobranche, il est en phase finale de sa formation, qu’il achèvera en septembre avec l’étape du perfectionnement. Le petit monde de l’accrobranche ne cesse de s’agrandir.

3. L’accrobranche, la passion des arbres

Ne pas confondre : L’accrobranche ne désigne pas toute activité d’escalade dans les arbres. Inventé par l’association "les accros-branchés", le terme est aujourd’hui labellisé et n’appartient qu’à elle seule. Lassés de voir leur nom utilisé à toutes les sauces, y compris par les parcours acrobatiques forestiers, les accro-branchés ont même créé un syndicat pour défendre leurs droits. Normal, ils sont à l’origine de ce qui est en passe de devenir un véritable phénomène de mode.

Créée en 1989, par quelques amis élagueurs, animateurs sociaux et artistes l’association propose de découvrir le milieu arboré d’une façon originale. Son objectif : permettre à chacun de grimper jusqu’aux cimes dans le respect de l’arbre et de son environnement.

Aujourd’hui, l’association sillonne la France au gré des demandes. Véritables nomades, ils installent leurs cordes et baudriers pour une ou deux journées avant de repartir en laissant la forêt dans l’état dans lequel elle était. "Le respect est un mot fondamental pour les accrobranchés" explique Max, animateur des accrobranchés d’Ile de France "respect de l’arbre, de l’environnement, mais aussi de soi et des autres. Ce sont des valeurs que nous voulons véhiculer dans l’association" explique ce passionné qui souhaite développer l’activité de l’accrobranche auprès des détenus.

Aujourd’hui, les accro-branchés ont initié des milliers d’enfants et d’adultes aux joies de la grimpe. Centres aérés, colonies de vacances, comités d’entreprise, séminaires pour les sociétés, ou fêtes municipales, ils répondent à toutes les sollicitations.

Leur réputation est désormais acquise. Le matériel d’élagage ou de spéléologie qu’ils utilisaient est spécialement adapté à cette nouvelle pratique de grimpe et ils ont aussi mis en place des formations pour les futurs animateurs. Reste à obtenir un véritable statut. On voudrait leur faire enfiler le baudrier de l’escalade mais les accro branchés ne s’y sentent pas très à l’aise. Ils souhaitent une véritable fédération d’accrobranche. Une reconnaissance officielle d’autant plus attendue que l’association a fait des émules.

Ainsi en 1998, les arbronautes de Lille traçaient leur première "rue du Baron Perché", véritable parcours arboricole à Libercourt, dans le Pas-de-Calais. Cette association qui propose des séjours dans les arbres d’une journée entière et une nuit avec pique-nique bio dans les cimes, s’intéresse à tous les publics. Elle mène une action sociale avec le ministère de la justice en organisant des stages sur la violence, et organise de nombreuses animations auprès des handicapés. Elle a aussi trouvé dans les futaies un fantastique terrain d’expression et travaille avec différents artistes : plasticiens, conteurs, danseurs…

La "Randonnée arboricole" propose quant à elle d’observer la faune de l’Espace Rambouillet "d’en haut". L’initiation technique permet ainsi d’explorer l’arbre et la vie qu’il abrite, mais aussi de s’immerger sous la voûte forestière et de s’y promener. La Randonnée Arboricole prévoit de mettre en place des soirées animation à la cime des arbres, avec conférence " au sommet " sur l’astronomie ou les chauve-souris ainsi que des randonnées en Guyane et à Madagascar.

Contact :
www.engref.fr/Arboretum/index.htm
Le site de l’Arboretum des Barres http://www.accrobranche.org/
Le site des accrobranchés

www.arbronaute.com
Le site des arbronautes

La randonnée arboricole : AYE-AYE Environnement tél. 01 42 38 92 92
http://www.onf.fr/espaceramb/actu.htm

Voir aussi l’association Lilloise : " Les hauts Perchés "
http://mnelille.free.fr/haut_perches.htm

4. La folie du PAF, le parcours acrobatique en forêt

Les PAF envahissent les forêts françaises. Il n’est pas une semaine sans que soit inauguré un "Parcours Acrobatique en Forêt". Aventure Parc, Parc Robinson, Forêts d’acrobates, Parc Masaya, le Tepacap… Il existerait aujourd’hui près de 200 structures destinées à accueillir les tarzans en herbe ou amateurs de sensations fortes. Si les noms diffèrent, l’idée reste la même : proposer au public des parcours d’arbres en arbres, reliés par des ponts de singe, des lianes, ou tyroliennes.

Pour Denis Payan, créateur du concept d’Aventure Parc, qui compte aujourd’hui 11 parcs labellisés en France, il s’agissait de retrouver les sensations qu’il avait éprouvées lors de son service militaire mais proposées de façon ludique. Et ça marche. Depuis sa création en 1995, le site de Serre-Chevalier reçoit 20 000 clients par an. "C’est une activité qui répond parfaitement aux désirs actuels du public" explique Stéphane Grisot, directeur adjoint de la société Aventure Parc Développement "les gens veulent des activités en pleine nature, sportives mais pas trop, et qu’ils puissent pratiquer en famille". Une activité qui semble parfaitement correspondre aux collectivités locales qui sont nombreuses à vouloir accueillir un PAF. Aventure Parc a reçu près de 3000 demandes, mais la société ne souhaite pas inonder le territoire de ses parcs. "Notre cahier des charges est rigoureux et nous ne voulons pas dépasser la vingtaine d’Aventure Parcs en France".

Les communes qui ont franchi le pas ne regrettent pas leur investissement, qui reste, au demeurant, des plus raisonnables. À Biscarosse, dans les Landes, l’Aventure Parc est presque devenu incontournable "Cela marche très fort", explique Clothilde Devert, adjointe au maire, "L’Aventure Parc attire un public spécifique, il est un parfait complément de notre offre touristique. Quand les surfeurs n’ont pas de vagues ou quand les véliplanchistes n’ont plus de vent, ils viennent grimper dans les arbres". C’est clair, le PAF est avant tout une activité ludique et sportive où l’on apprend à dominer sa peur, son vertige ou à réaliser des performances. La forêt n’est là que pour servir de support ou de joli décor.

Et les arbres dans tout cela ? Stéphane Grisot reconnaît qu’ils en subissent forcément les conséquences, mais "elles sont minimes", assure-t-il "Nous changeons les ateliers de place chaque année, et chaque arbre possède une fiche d’identité pour connaître son état sanitaire" ajoute-t-il " D’ailleurs nous travaillons avec des experts forestiers ou avec l’ONF qui nous conseillent sur le choix des arbres. Nous avons également imposé une limite maximale au nombre de personnes sur le site : pas plus de 130 par jour." Reste à espérer que tous les parcs qui poussent comme des champignons affichent le même sérieux, car en la matière aucune règle n’est encore édictée.

Liens internet :
http://www.aventure-parc.fr
Le site d'Aventure Parc

A ne pas confondre avec
http://www.parcaventure-montblanc.com

http://www.parc-robinson.com/presentation.htm
Le site des Parcs Robinson

http://stveran.free.fr/loisirsdecouverte.html#ancre104448
Parc des Amoureux, à Saint Véran, dans le Parc Naturel Régional du Queyras

http://www.aa-sol.com/canyon-provence/envol_arbres.htm
Parcours sur arbres, dans le Var

http://www.aoubre.com/aventure.html
Parc des Cèdres à Flassans, dans le Var

http://www.tepacap.fr/
Le parc Tepacap à Rieumes dans la Haute Garonne

Masaya Nature - Base de Loisirs de Saint Hilarion à Rivière sur Tarn, dans l'Aveyron
Tél : 05 65 59 10 35





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