- 13 novembre 2001
5. Sylvie Fouanon redonne de la voix aux bois
Il y a douze ans, Sylvie Fouanon reprenait, rue Jean Bologne à Paris, l'atelier Balleron où elle avait appris le métier. Depuis, elle s'est fait un nom dans la profession et son atelier ne désemplit pas.
Au fond de cette allée du XVI ème arrondissement, désossés ou briqués de neuf, des Erard 1920, des crapauds "Gaveau art déco" des 1/2 queue Bechtein et autres merveilles attendent que leurs propriétaires les récupèrent ou des acheteurs succombent à leurs charmes.
Sylvie Fouanon ne s'intéresse qu'aux pianos anciens. "Depuis les années 20 rien n'a changé dans la mécanique", explique-elle. Le secret du métier consiste à connaître toutes les particularités de chaque marque.
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Porté par trois "gros bras" un nouveau patient pénètre dans l'atelier. Sylvie Fouanon note le numéro de fabrication : c'est un Pleyel 1909.
Son œil expert diagnostique immédiatement le mal dont souffre le vénérable instrument : une fracture de la table d'harmonie.
Pas question de masquer la fente avec une pâte à bois. "Cela altèrerait le son", explique Sylvie Fouanon. La règle de l’art consiste au contraire à "flipoter" le malade pour lui redonner la raisonance de sa jeunesse. Une opération délicate qui consiste à tailler une lamelle d’épicéa et à l’insérer à force dans la fente. Une fois arasé et vernis, la réparation est quasi invisible.
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Sylvie Fouanon reste fascinée par l’aptitude des instruments anciens à retrouver une seconde vie. "Un bon restaurateur saura retrouver la parfaite sonorité d’un piano et lui redonner toute sa puissance", admet-elle. Grâce au bois, plusieurs vies s’offrent aux pianos. La qualité des matériaux utilisés est telle qu'il est aujourd'hui souvent beaucoup plus intéressant d'acheter un piano ancien et de le réparer que d’acheter un piano de fabrication moderne. "Pour le même prix, vous aurez un instrument de bien meilleure qualité", assure Sylvie Fouanon.
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