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ARTICLE N°1102 - 1 mars 2002
Le bois donne des ailes à Clermont-Ferrand
Pour abriter les Airbus en révision, la société de câblages NSE a construit un hangar furtif qui ne perturbe pas les instruments de vol. Une prouesse de la construction bois qui ouvre des perspectives nouvelles aux gestionnaires des aéroports.
" Sans le bois, nous ne pourrions pas nous développer ", prévient Jean-Michel Plasse, le directeur de l’aéroport de Clermont-Ferrand. C’est que l’aéroport auvergnat est un peu à l’étroit et ne pouvait reculer au-delà de 200 m des pistes, l’implantation du hangar que la société de câblage NSE (Nizerolles Systèmes électroniques) voulait construire. " Trop proches de l’axe de la piste. Les structures métalliques auraient perturbé les systèmes radioélectriques d’aide à l’atterrissage ", explique le gestionnaire des lieux.
Du coup, la Direction de l’Aviation Civile voulait interdire toute construction supérieure à 12 m de haut. Bien trop bas pour les dérives des moyens courriers. Heureusement le bois est furtif. Il a sauvé la mise du projet.
" Au lieu de réfléchir les ondes radio-électriques, il les absorbe ", explique l’ancien général de l’armée de l’air. Le hangar de NSE est aujourd’hui achevé et Jean-Michel Plasse y voit une chance pour poursuivre sa stratégie de développement et faire de l’aéroport de Clermont-Ferrand une plate-forme européenne de maintenance aéronautique. " L’enjeu est énorme, cela représente un potentiel de plus d’un millier d’emplois", précise-t-il prêt à accueillir des opérateurs de la maintenance moteur, peinture et aménagement intérieur.

Reste que construire un hangar en bois capable d’abriter des airbus A 320 ne va pas de soi. " Jugez par vous-même : 47 par 43 mètres de côté pour 16 mètres de hauteur, les dimensions sont impressionnantes ", lance Bernard Gallon, l’architecte à qui François Lacoste, le PDG de NSE a confié la tâche de relever le défi.
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Bernard Gallon
Architecte
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Certes, de pareilles portées ont déjà été réalisées avec la technique des arches en lamellé-collé, mais celle-ci n’était pas la mieux adaptée à la situation. Et puis, elle est un peu chère pour un hangar industriel. " La technique de la charpente en treillis est plus économe en matériau ", confirme Bernard Gallon. Avec un prix de l’ordre de 1,19 millions d’euros (7,8 millions de francs) la facture se révèle même très compétitive, y compris face à une construction métallique.
" Le rapport qualité prix est imbattable ", renchérit Bernard Gallon, particulièrement fier de la dentelle de bois formée par les cinq portiques à treillis du hangar.
" Non seulement c’est beau, mais c’est aussi très agréable de travailler dans ce lieu ", confirme pour sa part Philippe Lomet, responsable de l’activité câblage de NSE.
" De plus, avec le bois, il n’y aura pas de problème de corrosion ", ajoute l’architecte. La durabilité et la qualité esthétique de ces cathédrales industrielles est assurée pour longtemps.
Fiche technique :
Structure : charpente treillis lamellé-collée.
Enveloppe : bardage
Dimension : 47 m par 43 m. Hauteur 16 m.
Surface : 2021 m2
Coût : 1,19 millions d’euros
Maîtrise douvrage NSE http://www.nse-groupe.com
Maîtrise duvre : Bernard Gallon [email protected]
Charpente : Mathis www.paul-mathis.fr
Entreprise générale : Fougerolle
Concessionnaire : http://www.clermont-fd.cci.fr/aeroport/aeroport.htm
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