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ARTICLE N°1301 - 13 juin 2002
Propriétaires forestiers cherchent assurance désespérément
La tempête a mis à bas le système dassurance de la forêt française. Il est urgent, pour les propriétaires forestiers, de le rebâtir sur de nouvelles bases.
Depuis les tempêtes de 1999, les assurances ont laissé tombé les propriétaires forestiers. Déjà rares (moins de 8 % de la forêt privée était assurée), presque tous les contrats ont été depuis dénoncés. La majorité des assureurs ont abandonné la couverture du risque incendie tempête. Les trois seules compagnies qui maintiennent une offre ont triplé voire quadruplé leurs tarifs tout en réduisant de moitié leurs niveaux de garantie.
" Aujourd’hui les tarifs d’assurance proposés sont de l’ordre du revenu net moyen de la forêt et le dépassent même dans de nombreux cas ", s'alarme Henri Plauche-Gillon président de la FNSPF (Fédération Nationale des syndicats de propriétaires forestiers)
Le niveau de cotisations moyen proposé aux propriétaires forestiers est d’environ 28 ¤ par hectare alors que, selon une étude de l’ASFOR ( Association des sociétés et groupements fonciers forestiers), menée auprès des propriétaires institutionnels (voir article BFI : les zinzins de la forêts), le revenu annuel moyen par ha est de 30 euros . Le risque est en effet difficilement mutualisable puisque, comme ce fût le cas en 1999, une grande partie des assurés est touchée en même temps.
En clair, les compagnies d’assurance ne peuvent pas suffisamment mutualiser le risque. Bref, cela devient une véritable loterie. Et comme les assureurs sont des gens trop sérieux pour jouer au casino climatique, ils préfèrent se désengager de la forêt.
Ainsi, l’appel d’offre européen qu’a lancé la FNSPF est resté sans réponse. " On peut donc considérer que la forêt est économiquement non-assurable ", en conclut Henri Plauche-Gillon, le porte parole de la forêt privée qui s’inquiète : " Une nouvelle tempête aurait des conséquences désastreuses pour les propriétaires, pour les assureurs et pour l’Etat ". Les tempêtes de 1999 ont ainsi coûté 4,57 milliards d'euros aux propriétaires forestiers, 228 millions d'euros aux assurances et 1,2 milliard d'euros à l’État.
Reste que c’est tout le système de l’assurance de la forêt qui est à repenser. La FNSPF lance plusieurs idées pour inviter l’État et les assureurs à discuter du sujet. Six axes de réflexion sont ainsi envisagés :
1) Mettre en place une épargne de précaution, équivalant à une auto-assurance avec une fiscalité incitative.
2) Créer une assurance multirisque, couplée à l’assurance habitation, pour assurer le reboisement en cas de sinistre.
3) Mutualiser les risques au niveau national, voire européen.
4) Fidéliser la relation assureur-assuré par des contrats pluriannuels attractifs.
5) Introduire des mesures incitatives, comme la déduction totale des charges d’assurance sur le revenu global des propriétaires forestiers.
6) Recourir à la solidarité nationale par un système de calamités forestières en cas de sinistre grave (type catastrophe naturelle comme cela existe pour les inondations).
Le chantier s’annonce complexe mais apparaît déterminant pour les propriétaires forestiers qui détiennent 70 % de la forêt française.
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