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ARTICLE N°1530 - 17 septembre 2002
Georges Deperraz unit le bois et le béton
Un nouveau procédé de poutre mixte bois béton a été déposé par Georges Deperraz et le place comme un nouveau matériau aux performances incomparables. Une solution pour révolutionner lesthétique des ponts et ouvrir des voies au bois sur les routes.
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Georges Deperraz
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Georges Deperraz, ingénieur civil, PDG du bureau d’étude du même nom, présente sa dernière innovation technologique à Saint-Martin-de-Vésubie : la poutre mixte bois béton (PMBB). Une véritable invention technique qui ouvre de nouvelles perspectives au bois dans le domaine de la construction des ouvrages d’art. " Le système est très compétitif pour la construction des ponts face aux constructions béton ", explique l’ingénieur inventeur savoyard. La PMBB permettra de renouveler l’esthétique de la construction des ponts routiers et apportera aussi des solutions techniques avantageuses pour des portées pouvant aller, au moins, jusqu’à 80 m.
Le principe est simple : allier les qualités de résistance mécanique et de légèreté du bois à celle de l’étanchéité du béton. Une idée qui n’est pas en soit nouvelle mais qui jusqu’à maintenant se heurtait à la difficulté d’assurer une liaison parfaite entre les deux matériaux. " Jusqu’à maintenant, en gros, on se contentait de poser du béton sur du bois, mais les résultats n’étaient pas à mes yeux très fameux ", prévient cet ingénieur très expérimenté de 65 ans qui a notamment construit le Palais des Congrès de Casablanca et la salle des fêtes de Lausanne.
L’association bois et béton était vulnérable aux efforts mécaniques horizontaux, en clair les tabliers de béton risquaient de glisser sur les poutres de bois. La particularité de la poutre mixte bois-béton de Georges Deperraz réside dans le système de connexion entre le bois et le béton qui, sans aucun recours à des pièces métalliques, permet aux deux matériaux de ne faire plus qu’un.
" Ce principe qui fait l’objet d’un brevet déposé en juin 1998 consiste à accrocher le bois et le béton grâce à des reliefs et des encochements taillés dans le bois ", divulgue l’inventeur. En clair, une sorte de grosse crémaillère taillée à l’aide d’une machine à commande numérique dans les poutres de lamellé-collé. " Le secret du procédé réside dans la forme particulière des encoches qui est calculée de manière à maîtriser toutes les forces mécaniques ", explique Georges Deperraz.
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© Dr
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Les essais conduits au laboratoire de génie civil de l’INSA de Lyon ont d’ailleurs dépassé toutes ses espérances. La poutre de 7 m prévue pour supporter une charge utile de 30 tonnes n’a montré les premiers signes de faiblesse qu’à partir de 95 tonnes, et ce sans aucun signe de décrochage entre le bois et le béton. Cette poutre endommagée par la surcharge a même supporté, lors d’un nouvel essai, une charge de 47 tonnes sans présenter de nouvelles fissures.
Une fois réparée par injection des fissures et par un renforcement avec un tissu en fibre de carbone, la poutre a supporté jusqu’à 102 tonnes de charge avant de rompre, sans que la rupture, encore une fois, ne désolidarise le bois et le béton.
En clair, la poutre mixte bois-béton se comporte comme un matériau de béton armé.
Mais elle présente plusieurs avantages : Il n’y a pas de métal, ce qui évite radicalement tous les problèmes de corrosion et offre donc une durabilité dans le temps incomparable. Son rapport poids-résistance est nettement supérieur à celui du béton, ce qui offre des avantages techniques indéniables pour les ouvrages de moyenne portée pour lesquels le poids devient un handicap important.
De plus la solution bois-béton est bien moins vulnérable aux intempéries et ne nécessite donc pas de couvrir les ponts de bois. En effet, même si le bois reste visible, toutes les surfaces à l’air sont verticales et donc moins sujettes à l’humidification puisque l’eau glisse dessus.
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La poutre testée à l'Insa
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De très nombreuses essences de bois peuvent être utilisées pour la fabrication des poutres mixte bois-béton (mélèze, bois du nord, chêne). Les prototypes ont toutefois été réalisés en lamellé-collé de Douglas du Massif-Central. " C’est une essence qui convient parfaitement. Elle offre de bonne qualité tant de résistance mécanique que de comportement à l’humidité. De plus, la ressource est importante en France ", explique l’inventeur.
La première réalisation en poutre mixte bois-béton sera mise en chantier à la fin du mois de septembre dans le domaine skiable d’Annecy. Il s’agit d’une passerelle de skieur qui devra supporter le passage d’une dameuse de 15 tonnes. Une première réalisation qui devrait en appeler d’autre moins spécifiques. " La solution est bois-béton est utilisable dans tous les domaines de la construction d’ouvrage d’art ", estime Georges Deperraz. Reste toutefois à lever les réticences auprès de nombreux ingénieurs du génie civil des services de l’Équipement, qui par culture ont souvent tendance à privilégier uniquement les solutions tout béton.
Contact :
Georges Deperraz étude technique SA
17 route d'Etrembières
74100 ANNEMASSE (FRANCE)
tél: 04 50 92 18 40
fax: 04 50 92 05 85
E-MAIL [email protected]
http://www.deperraz.com
Georges Deperaz présentera les poutres mixte bois-béton le 20 septembre lors des entretiens du bois à Saint-martin de Vézubie qu’organise l’association des communes forestière des Alpes-Maritîmes.
Contact :
Mairie
Place Félix Faure
06450 SAINT MARTIN VESUBIE
Tel : 04 93 18 69 19
Fax : 04 93 18 69 37
E-mail [email protected]
http://www.leboisonline.com
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