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ARTICLE N°799 - 29 octobre 2001
Ventes de bois : du boycott à lélectronique
Les ventes de bois ont repris le 19 octobre. Le boycott des ventes naura duré que le temps dun été. La modernisation de la vente des bois de la filière est en marche.
"Les ventes ont repris", annonce avec satisfaction Pierre Verneret, directeur de la Fédération Nationale du Bois. Les gestionnaires de la forêt publique et les scieurs ont donc enterré la hache de guerre. Le boycott des ventes n'aura duré que le temps dun été indien : du 5 septembre au 18 octobre.
La fronde des acheteurs de bois aura été spectaculaire. " Les ventes dautomne représentent 40 % des volumes annuels et plus de 50 % du chiffre daffaires ", prévient Bernard Rey, directeur technique de lONF. Bref, cest plus dun milliard de francs de recette qui était en jeu pour loffice et les communes forestières.
Il aura fallu une intervention du cabinet du ministre pour sortir de limpasse et mettre résolument la filière forêt-bois sur le chemin de la modernisation des modes de ventes. "La forêt publique est en retard sur la forêt privée. Les modes de vente pénalisent la compétitivité des scieurs face aux étrangers ", note Pierre Verneret. A lONF, Bernard Rey, le directeur technique, nest pas loin de faire le même constat. " Le différent portait plus sur le rythme de lévolution que sur les buts à atteindre ", admet-il en soulignant toutefois que les ventes de bois de lONF dépendent du code des marchés publics dont les règles sont beaucoup plus contraignantes que celles des ventes privées.
Reste que les acheteurs de bois étaient dautant plus pressés que les ventes électroniques, jugées plus transparentes, avaient fait leur apparition depuis deux ans en forêt publique pour faciliter la commercialisation des bois de chablis après la tempête.
Pour faire simple, loffre gagnante (la plus forte) et les offres suivantes (moins élevées) étaient affichées sur lécran lumineux de la salle. " Cela permet de mieux comprendre le marché et de mieux maîtriser ses offres ultérieures ", explique Pierre Verneret. En clair, de faire la différence entre une offre exceptionnelle anormalement haute et la tendance réelle du marché.
La technique est bien maîtrisée mais "cette pratique nétait ni en conformité avec le règlement des ventes de lONF ni avec le code des marchés publics" informe Bernard Rey qui reconnaît bien volontiers quil aurait mieux valu sen rendre compte plus tôt. Bref, on craignait à lONF que la Direction Générale de la Consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) ne sen mêle.
Mais les scieurs ne lentendaient pas de cette oreille. "Nous ne pouvions pas admettre que lon revienne en arrière", insiste Pierre Verneret. "Dautant que la question de la transparence des offres nest que la première étape de la modernisation des ventes qui devient vitale pour la profession dans un marché qui sinternationalise de plus en plus." Un accord de principe a été trouvé avec laide du ministère de lagriculture. Une expérimentation sera menée pour permettre à la DGCCRF de voir si la transparence respecte les principes de la concurrence. En clair, si cela nencourage pas des ententes illicites entre acheteurs par exemple.
La fronde aura eu au moins le mérite de bousculer les habitudes. Le 18 octobre, le conseil dadministration de lONF a modifié son règlement. Du coup les ventes ont repris dès le 19 octobre. "Elles seront toutes terminées début décembre", note Bernard Rey. La DGCCRF devrait pouvoir rendre son rapport avant la reprise des ventes de bois dhiver fin janvier.
Ainsi lors des 80 prochaines ventes, les lots seront séparés en deux groupes. Une moitié sera vendue à laveugle avec la seule annonce de loffre gagnante et lautre moitié selon le principe de la transparence. "Avec 150 lots vendus en moyenne par vente, on devrait pouvoir être fixé sur lincidence du principe de la transparence et de lintérêt de la vente électronique", juge Bernard Rey.
François Delaunay
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