- 12 février 2002
1. Forêts humides : entre conservation et valorisation
Denses, hautes, les forêts intertropicales humides sont souvent présentées comme larchétype de la forêt. Elles sétendent de part et dautre de léquateur en Amazonie, en Afrique et en Asie.
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Elles sont conditionnées par des pluies importantes (plus de 2200 mm) et régulières. Leur nom anglais est d’ailleurs très évocateur : " Rain Forest ".
La forêt intertropicale humide est la plus dense et la plus riche de toutes les formations végétales de la planète.
Son incroyable biodiversité des espèces la distingue de toutes les autres forêts du monde. En ne comptant que les arbres de plus de 10 cm de diamètre, on recense plusieurs centaines d’espèces par ha. Le maximum étant de 300 en Malaisie.
En revanche les spécimens d’une même espèce sont très disséminés : un pied d’acajou tous les 10 ha, par exemple en Afrique. L’exploitation forestière n’a longtemps commercialisé qu’une minorité d’espèces. Aujourd’hui, le nombre d’espèces commercialisées va en augmentant.
Les forêts intertropicales humides se particularisent par une biomasse importante, 500 à 1000 tonnes/ha en moyenne. Elles ont une grande capacité à se régénérer après une destruction humaine ou naturelle. Les traces des prélèvements forestiers disparaissent en quelques années.
Les communautés traditionnelles pratiquant l’agriculture itinérante en forêt, reviennent " manger la forêt " tous les 15 à 20 ans. Seule une occupation permanente des terres empêche les arbres de repousser.
Les défrichements agricoles sont aujourd’hui très importants dans la zone équatoriale où la croissance démographique est la plus importante de la planète.
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Du coup, les surfaces de forêts intertropicales diminuent. Entre 1990 et 1995, elles ont reculé de près de 57 millions d’ha.
L’Amazonie brésilienne paye le plus fort tribut (23 millions d’ha) mais c’est en Asie et notamment en Indonésie où les surfaces forestières ont diminué de 13 millions d’ha durant la dernière décennie, que la déforestation est la plus intense (– 1,2 % par an).
En Afrique, c’est la République Démocratique du Congo qui a perdu le plus de surface de forêts humides : 5 millions d’ha mais c’est toutefois dans les pays du Golfe de Guinée (Côte d’Ivoire, Nigeria, Sierra-Leone) que la régression aura été la plus rapide, au rythme annuel de -3 % de la surface totale durant les deux dernières décennies.
La création d’immenses réserves (5 millions d’ha) dans les forêts primaires du bassin du Congo est aujourd’hui à l’ordre du jour. Notamment dans les régions isolées où l’exploitation n’est pas économiquement rentable compte tenu de l’absence d’infrastructures de transport. Le WRI a baptisé " forêts frontières " ces noyaux forestiers inaccessibles. Les plus importants se situent au cœur du bassin amazonien, dans l’ouest du bassin du Congo, sur les montagnes intérieures de l’île de Bornéo (Kalimantan) et de Nouvelle Guinée.
François Delaunay
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CIFOR Centre de recherche forestière internationale
Basé à Jakarta en Indonésie il regroupe coordonne le travail de centaines de chercheurs dans le monde. Il édite une lettre CIFOR news en français, Espagnol et Anglais.
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Le site du CIRAD
Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, cet organisme scientifique français basé à Montpellier et à Paris est spécialisé en agronomie tropicale.
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