- 1 mars 2002
2. Parqueteurs : les planches de lindépendance
La compétence de parqueteur qualifié procure à Patrick Moulin sécurité de travail et liberté daction quil a mises à profit pour sinstaller à son compte à la campagne.
Patrick Moulin a choisi la voie de l’indépendance. " Il y a bientôt un an que je me suis mis à mon compte ", annonce ce jeune menuisier parqueteur de 23 ans, installé à Aigurande dans le Sud de l’Indre. Avec son CAP et son BEP menuisier en poche, Patrick Moulin fait partie de la première promotion des parqueteurs formés par le Lycée Professionnel Georges Sand de La Châtre. " On a tout de suite vu qu’il avait le goût de l’indépendance ", confirme Jean-Marc Rousseau, son ancien prof et responsable de la formation complémentaire parqueteur du LEP berrichon. Quatre années d’expérience en entreprises lui auront suffi pour sauter dans le grand bain.
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Quand d’autres commencent juste à mettre le pied à l’étrier, Patrick Moulin lui est déjà bien en selle pour prendre les rennes de son destin. Question de culture, probablement : ce fils d’agriculteur a l'indépendance chevillée au corps. " Je n'aime pas trop avoir un patron dans mon dos ", reconnaît-il.
Et comme il ne goûte guère non plus à la frénésie de la vie urbaine, c’est tout naturellement qu’il a choisi de revenir au village, installer son atelier dans une ancienne étable de la ferme paternelle.
L’investissement n’a pas été faramineux. " Aujourd’hui avec un bon combiné d’occasion, on peut débuter sans problème ", note le jeune artisan menuisier. Il lui en aura donc coûté guère plus de 5 500 euros (36 000 F) pour acquérir raboteuse, dégauchisseuse, mortaiseuse, scie circulaire et toupie plus 1500 euros (10 000 F) de matériel de chantier pour compléter la boîte à outils constituée depuis les années d’apprentissage.
Il n’y a que la paperasse qui aurait pu l’effrayer. " La gestion, c’est compliqué ", prévient-il en admettant que la chambre des métiers l’a bien aidé à se former. Toutefois Patrick Moulin ne se serait probablement pas aussi rapidement établi s’il n’avait pu compter sur l’assistance de sa compagne, plus aguerrie aux formalités administratives.
Une compétence recherchée
Reste que dans cette bourgade de 1700 habitants, le jeune artisan aura dû revoir sa stratégie de départ. " J’étais venu dans l’objectif de développer le parquet, mais ça ne marche pas trop à la campagne " reconnaît-il. Du coup, il s’est rabattu sur les travaux de menuiserie qui sont beaucoup plus demandés. " Comme il n'y a plus d’artisans dans le coin, il y a un vrai besoin de service de proximité ", explique-t-il. " Les gens me font venir pour des petits travaux : une rampe d’escalier à fixer, une fenêtre à réparer, mais c’est bien rare que je ne reparte pas de chez eux avec une commande de meuble ", remarque-t-il.
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©CNDB
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Les nombreux Parisiens, Anglais ou Allemands, tombés amoureux de cette région isolée des marges du Massif Central, sont bien heureux de trouver un jeune professionnel compétent. Et pour faire face aux chantiers plus importants des collectivités locales par exemple, il s’associe à un collègue du canton voisin.
Patrick Moulin voit l’avenir avec d’autant plus d’optimisme qu’il a conservé sa botte secrète : son statut de parqueteur qualifié. La compétence est en effet très recherchée. " Les parqueteries Berrichonnes avec qui j’ai gardé de bonnes relations m’envoient en mission aux quatre coins de la France pour faire des chantiers ", explique-t-il. Un bon moyen de changer d’air. " La semaine dernière, je suis allé faire des chantier à Toulouse , Nantes et Rennes ", apprécie-t-il. Et aussi de mettre du beurre dans les épinards. " C’est plutôt bien payé ", note-t-il. Une opportunité dont il profite pour financer les travaux de rénovation de sa maison. Patrick Martin et sa compagne sont bien contents de leur choix : " Sans mon indépendance, nous n’aurions jamais pu en avoir une si grande ", annonce-t-il avec fierté.
Comment devenir parqueteur :
Les parqueteurs suivent une formation complémentaire ouverte aux élèves détenteur dun diplôme de niveau 5 (CAP) ou ayant 3 ans dexpérience professionnelle dans les métiers du bois. Deux lycées dispensent cette formation depuis plusieurs années, deux formations nouvelles seront proposées à la rentrée scolaire 2002.
Lycée des Lombards
12, avenue des Lombards, BP 766 10025 Troyes Cedex
03 25 71 46 60
Contact : Monsieur Fays
[email protected]
Lycée George Sand :
25, avenue George Sand 36400 La Châtre
02 54 62 17 00
Contact : Jean-Marc Rousseau : [email protected]
Nouvelles Formations pour la rentrée 2002
Lycée Professionnel Benoît Fourneyron
24, rue Virgile. BP 215 42013 Saint-Etienne cedex
Tel : 04 77 46 30 50
Contact Mr Sorlin
Lycée Professionnel du bâtiment, des travaux publics et des transports
24, rue du Collège technique
BP 114
33290 Blanquefort cedex
Tel : 05 56 35 20 27
François Delaunay
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