- 24 octobre 2002
1. Merisiers, alisiers et sycomores : la revanche des secondaires
Disséminées dans les boisements, dominées par les essences "nobles", les essences secondaires de nos forêts tiennent leur revanche. Merisiers, alisiers et sycomores sont dorénavant considérés comme des feuillus précieux.
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Le merisier
© Dr
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Présents dans presque toutes les forêts françaises, les merisiers et plus encore les alisiers et les érables sycomores ont longtemps été considérés comme des essences secondaires. Secondaires pour les écologues puisqu’elles sont presque toujours dominées par les géants des forêts. Secondaires par leur carrure puisque leur tronc dépasse rarement 50 cm de diamètre. Secondaires aussi pour les gestionnaires de la ressource forestière en raison de la modestie des volumes de bois sur pieds.
D’ailleurs, jusqu’à peu, l’Inventaire Forestier National n’en tenait qu’une comptabilité approximative. Secondaires enfin de par leur utilisation qui était bien moins stratégique à la nation que celle du chêne ou du hêtre avec lesquels on se chauffait et on construisait bateaux, maisons et meubles.
Du coup, les forestiers, dont la tâche consiste à favoriser la production des " essences objectives ", les ont bien souvent éliminées lors des coupes d’éclaircies ou d’amélioration des futaies.
Heureusement, ces essences aimant la lumière présentent un fort dynamisme naturel, au point d’être considérées par les spécialistes comme des essences semi-pionnières. Par essaimage des fruits ou drageonnages à partir des souches et des racines, elles se sont bien maintenues dans les peuplements à la sylviculture plus aléatoire que sont, par exemple, les taillis sous futaie.
Si le merisier a toujours eu la côte en raison de son emploi traditionnel en ébénisterie, le sycomore, l’alisier et bien d’autres feuillus comme le frêne ou l’aulne, ont connu, durant des décennies, des destins moins glorieux.
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Le sycomore
©Dr
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En effet, si les anciens connaissaient la valeur qu’ils pouvaient tirer des caractéristiques physiques et mécaniques de ces bois pour fabriquer leurs outils : rabot, navette de métier à tisser, bobines de fil, maillets, sabots, établis, rayon de roue… , la mémoire s’en est allée avec la révolution industrielle et l’avènement des outils métalliques. Du coup, leur valeur s’est dépréciée à la bourse de la vie et des savoirs et beaucoup de ces beaux bois ont fini dans les cheminées.
Depuis, la roue de la destinée a tourné et la qualité de ces beaux bois aux grains fins et aux teintes diverses est de plus en plus appréciées en ébénisterie mais surtout dans l’industrie des placages. La forêt française offre ainsi des trésors pour la décoration et l’aménagement intérieur. Nombre de bâtiments prestigieux du monde entier, banques, opéras, salles de congrès ou de spectacles s’en sont parés. Les paquebots emmènent aussi en voyage ces petits trésors de la forêt.
Pour en savoir plus sur la botanique, consultez les fiches de l’école Normale de Neuchâtel en Suisse :
Alisier torminalis
Aulne glutineux
Erable sycomore
Frêne
Merisier
François Delaunay
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