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  - 14 novembre 2002

3. La forêt suisse regarde son avenir en face

Avec réalisme, les Suisses ont ouvert un grand débat sur l’avenir de la forêt. S’ils décident au nom de la biodiversité de mettre 10 % de leurs forêts en réserve, ils s’en donnent le temps et les moyens sans nier la nécessité de produire du bois.

Comme de nombreux pays européens, la Suisse connaît une progression importante de sa surface forestière. Elle a augmenté de 60 % depuis moins d’un demi-siècle, pour couvrir aujourd’hui 1,234 millions d’hectares, soit environ 30 % du territoire.

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© Dr

Cette progression est nettement plus vive dans les régions alpines que dans la région du plateau qui, entre Genève et Bern, sépare le Jura des Alpes et constitue la région la plus peuplée de la Confédération.
À cette progression des surfaces boisées s’ajoute également une situation chronique de sous-exploitation. La forêt suisse produit deux fois plus de bois que les forestiers n’en exploitent.

Une évolution structurelle qui, avec les transformations de la société et le déclin des économies rurales, s’accompagne d’une profonde mutation des attentes d’un public, de plus en plus urbain, à l’égard de la forêt.

Du coup, la Confédération a lancé un vaste programme de concertation et de réflexion pour envisager l’avenir de la forêt. Pour cela, les Suisses se donnent le temps de la réflexion. Engagé en 2002, le programme forestier suisse (PFS) devrait déboucher, fin 2003 début 2004, sur l’élaboration d’un projet de loi, qui lui même fera l’objet de consultations et de mises au point pour être mis en œuvre en 2007. Deux grandes orientations semblent déjà se dégager : augmenter la production de bois et développer un réseau de forêts naturelles.

Réserve forestière : une politique à long terme basée sur le volontariat et rémunérée

La Confédération a déjà annoncé son intention de mettre en réserve environ 10 % de sa surface forestière. " Il s’agira pour moitié de réserve biologique intégrale et pour moitié de réserve dirigée pour favoriser des objectifs particuliers de préservation de biodiversité ", explique Markus Holliger, chef du secteur Conservation des forêts. Une volonté politique clairement affichée mais qui se donne aussi le temps de sa mise en œuvre. " C’est un objectif à long terme, disons d’ici à trente ans ", explique le haut fonctionnaire. Outre la durée, l’autre originalité de ce système, qui devra être validé par la future loi forestière, est le volontariat.

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© Blvdr

" Nous proposons aux propriétaires de signer un contrat de gestion sur 50 ans. En contrepartie, la Confédération et les cantons les rétribuent ", explique-t-il. " Une rémunération qui peut aller de 2000 à 15 000 FCH selon la valeur économique des forêts ", souligne Markus Holliger qui considère que la formule se révèle attractive surtout en zone montagneuse où il y a peu de retombées économiques à attendre de pauvres forêts difficilement accessibles.

Reste que le ministère de l’Environnement et de la Forêt impose ses conditions " Nous voulons créer des réserves suffisamment vastes, au minimum 50 ha ", prévient-il en laissant aux propriétaires le soin de se regrouper entre eux.

Reste que la mesure semble connaître un franc succès. En moins de deux ans, la surface des forêts en réserve est passée de 0,7% à environ 2 % de la surface totale (environ 22 000 ha). La mesure s’annonce plus facile à mettre en œuvre en forêt publique et notamment dans les zones périurbaines où la demande sociale va dans ce sens.
Ainsi, par exemple, la commune de Zurich vient de mettre en réserve 789 ha des 1000 ha de sa forêt communale. Ce qui en fait la troisième plus grande réserve forestière du pays après celle du Parc National des Grisons (4800 ha) et de la forêt du Val Onsernone (965 ha).
Il reste cependant environ 100 000 ha à mettre en réserve pour atteindre l’objectif. " Cela pourrait très approximativement coûter environ 100 millions de FCH à la Confédération et aux cantons ", évalue le chef du secteur Conservation des forêts. Au final, ce sont les cantons et les citoyens qui décideront.

Contact :
OFEFP
Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage
3003 Berne

Markus Bolliger
Bereichsleiter Walderhaltung
Tel. 031 324 77 87
Fax 031 334 78 66
Mail : [email protected]
http://www.umwelt-schweiz.ch/buwal/fr
http://www.waldprogramm.ch/f/projekt/projet.shtml

François Delaunay



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