- 3 septembre 2001
Gares TGV : le bois avance à grande vitesse
Le bois fait une entrée très remarquée dans les nouvelles gares du TGV méditerranée. Jamais, depuis plus dun siècle, il navait été aussi présent sur les quais des trains.
À Aix-en-Provence, en Avignon et à Valence, le bois se marie avec le verre, le béton et lacier apportant une touche nouvelle au modernisme.
Un choix radicalement nouveau de la SNCF que François Bonnefille, responsable de lagence détude des gares, explique par le besoin dhumaniser la vie du fer.
1. François Bonnefille : " Le bois nous apporte plus que la technique ".
" Bien sûr que cest dans lair du temps ! Cétait dailleurs pour nous un jeu intéressant que dassocier limage traditionnelle du bois à celle de lemblème de la modernité française quest le TGV ", explique François Bonnefille, responsable de lagence détude des gares à la SNCF. Mais larchitecte ne voudrait surtout pas que lon réduise lutilisation du bois dans les gares TGV à un effet de mode ou à une quelconque lubie créative ou marketing. " Nous travaillons dans la durée, en nous projetant dans le futur, à un demi-siècle, voire un siècle, devant nous ", insiste François Bonnefille pour crédibiliser ses choix.
" Le bois nous intéresse avant tout parce quil permet de rendre nos gares plus agréables ", affirme-t-il.
Il est facile de sen convaincre. Il suffit de comparer les trois dernières constructions avec celles de la génération précédente : Massy, Vendôme, par exemple, pour mesurer le chemin parcouru dans les têtes des architectes. La société nationale semble avoir compris que ses clients nattendaient pas dêtre assis dans un wagon pour aspirer à un minimum de confort.
Ainsi, à la dureté hyper rationnelle du béton, de lacier et du verre dune gare Montparnasse, les gares TGV Méditerranée opposent la chaleur beaucoup plus engageante dune savante association entre les matériaux.
" Les gares sont des lieux très particuliers, à mi-chemin entre le réel et le virtuel. Notre corps est encore là, mais notre esprit est déjà ailleurs. Larchitecture de la gare doit favoriser ces transitions, ce perpétuel aller-retour entre le rêve et laction ", expose inspiré, François Bonnefille.
À Aix-en-Provence, les claires-voies en bois de la façade filtrent la lumière en laissant la Montagne Sainte-Victoire se mettre en scène.
En Avignon, on pourra sur les 400 m du quai, se mettre à labri du Mistral et du soleil, tout en restant à moitié dehors pour goûter les senteurs de la Provence.
À Valence, les TGV qui ne marquent pas larrêt assurent le spectacle. Les voyageurs, mais aussi des simples visiteurs, viennent les voir passer à 300 km/h sur les voies situées en contrebas.
La SNCF souhaite repenser les fonctions des gares en renforçant leur dimension culturelle. Il était donc nécessaire pour commencer den améliorer le confort.
Ambiance visuelle adoucie, bruits de fond absorbés, températures régulées, contacts plus agréables, la SNCF travaille dans tous les sens pour rendre la gare plus accueillante. " Le bois nous offre beaucoup de solutions dans cette démarche ", confirme François Bonnefille.
Le bois fait ainsi son grand retour sur les quais. " On lutilisait déjà au XIXè siècle pour les embarcadères, mais il avait depuis disparu ", rappelle François Bonnefille.
Ipé en Avignon, Jotoba à Valence, Iroko à Aix-en-Provence, le bois étale sur 400 m de platelage des qualités qui méritent dêtre soulignées.
"Le bois améliore le confort acoustique, il atténue les bruits de choc des talons et de roulement des roues des chariots. Cest aussi un excellent régulateur thermique. Lété il est bien moins chaud que le béton, il ne fond pas comme lasphalte et lhiver, il est bien moins froid ", note larchitecte.
2. Avignon : 400 m de quais en bois dans un cocon dépicéa
À la lisière de la ville, la gare TGV dAvignon sallonge interminablement sur 400 m de long. Le bâtiment laisse juste ressortir les deux têtes du train qui lui confèrent les allures dun bien curieux scolopendre.
Concept résolument original, le bâtiment de cette gare-quai est un tube qui souvre sur les voies. Le voyageur pourra attendre à labri, et même sy asseoir, prendre un café, à lendroit où sarrêtera sa voiture. Une solution astucieuse pour éviter de courir tenant bagage dune main, billet de lautre en cherchant le bon numéro de wagon
Les quais sont en Ipé rainuré. Lintérieur est entièrement revêtus dun parement dépicéa lazuré en blanc.
Architectes : Jean-Marie Duthilleul, Etienne Tricaud, Marcel Bajard,
François Bonnefille.
3. Valence : le bois au croisement des deux vitesses
La nouvelle gare de Valence forme une interconnexion entre les deux vitesses de la SNCF. Les voies du TGV y croisent celles du TER. On passe de lune à lautre par de longs plans inclinés recouverts de parquet en bois. Cest le Jotoba, une essence de couleur rouge, qui a été retenue pour sa bonne résistance à labrasion. Le parquet a lavantage dêtre parfaitement adapté au système de régulation thermique par le sol. Eau froide en été, eau chaude en hiver, le bois est toujours à bonne température.
Architectes : Jean-Marie Duthilleul, Etienne Tricaud, Marcel Bajard,
Pierre Saboya
4. Aix-en-Provence : lIroko comme portefaix
À Aix-en-Provence, lIroko est omniprésent. Le bois sétale sur les quais et sur le platelage des terrasses extérieures où la Montagne de la Sainte-Victoire nen finit pas de se laisser admirer.
Il prend également un rôle structurel en association avec le métal pour supporter limmense toit de la gare en forme de chapeau plat.
Architectes : Jean-Marie Duthilleul, Etienne Tricaud, Marcel Bajard,
Eric Dussiot
Mis en ligne le 7 juillet 2001
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