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  - 11 octobre 2001

4. Des professionnels à l’écoute

Fort de son réseau d’établissements forestiers, l’ONF a développé un savoir-faire pédagogique reconnu par les enseignants.

Il met à leur disposition des personnels formés à la pédagogie de l’environnement et des outils didactiques de plus en plus élaborés. Sur ce plan, l’Ile-de-France est particulièrement bien dotée. Il est vrai que dans une région qui regroupe près de 20 % de la population française, la forêt publique joue un rôle pédagogique déterminant.

Les propriétaires privés voient également l’intérêt de l’accueil des publics scolaires : un bon moyen d’apprendre à respecter les usages et de prévenir, à terme, la fréquentation sauvage dont ils sont aujourd’hui victimes. Suivant l’exemple des CRPF qui ont ouvert la voie en régions, les propriétaires franciliens entendent également privilégier ce type d’accueil.

La Faisanderie de Sénart, transformée en 1980 en centre d’information avec le soutien de l’Agence des Espaces Verts et dotée récemment d’un espace d’expositions et d’animations multimédia, reçoit près de 15000 scolaires par an dont un bon tiers, dans le cadre d’animations organisées avec les enseignants. S’il déplore que ces activités attirent majoritairement les primaires, Georges Lecuyer, son animateur y voit néanmoins un avantage. "Contrairement aux collégiens qui ont souvent d’autres préoccupations, les primaires sont un formidable relais pour sensibiliser les familles à la préservation et à la gestion de la forêt."

L’Hamadryade, maison forestière de la forêt de Port-Royal, près de Trappes, a été récemment aménagée en centre d’éducation à l’environnement de la ville nouvelle de Saint-Quentin-en Yvelines. Lieu d'expérimentation et d’apprentissage, elle accueille depuis cette année des classes pour des stages d’initiation à l'écosystème forestier, encadrées par un forestier. Avec dix-huit années d’expérience auprès des jeunes, Denis Gobard fait figure de pionnier dans le domaine de l’éducation à l’environnement et à la forêt. Aussi à l’aise avec les maternelles que devant une classe de terminale scientifique, il fait feu de tout bois pour partager sa passion de la forêt et ses connaissances sylvicoles. "Les jeunes sont d’autant plus réceptifs que nous les amenons à mettre en pratique les acquis de l’observation. Sensibles au respect des équilibres naturels, ils n’hésitent pas pour autant à se comporter comme des gestionnaires rationnels lorsque nous faisons des simulations de coupes."

Si l’Ile-de-France apparaît en pointe, en matière d’accueil des scolaires, les autres régions ne sont pas pour autant inactives. Voilà bientôt 10 ans que le Groupe d’initiatives comtoises pour l’éducation à la forêt (GICEF) mène des actions particulièrement créatives. Cette association (loi de 1901) qui réunit le monde enseignant et les professionnels des forêts publiques et privés a édité une série d’outils pédagogiques qui connaissent un franc succès. Elle organise également des stages de formation entre enseignants et forestiers et diffuse, dans les collèges, un bulletin semestriel et des documents sur les métiers de la forêt.

Sur le terrain de la formation, les professionnels de la forêt se montrent également ouverts aux contributions du monde enseignant. Et sur des sujets parfois très pointus. Ainsi Eugénie Végléris, philosophe, a-t-elle animé le stage "d’initiation à la fonction symbolique et imaginaire de la forêt " pour les forestiers alsaciens.

"L’expérience de l’opération "À l’école de la forêt" a montré que les contacts entre enseignants et professionnels ne pouvaient se développer que localement", déclare Pierre Bonnaire, responsable national de l’opération pour le ministère de l’Agriculture. "Or même s’il est très tourné vers l’enseignement primaire, notre réseau de correspondants départementaux peut faciliter les contacts entre les collèges et les forestiers."

Pour Gilles Berroir, en charge de l’accueil des scolaires à la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt d’Ile-de-France, " les professeurs désireux d’associer des forestiers à leurs projets pédagogiques ne doivent plus se sentir isolés, à plus forte raison quand la région ou le département où ils enseignent apporte son soutien aux actions d’éducation à la forêt. : leur premier réflexe devrait être de contacter la Direction départementale de l’agriculture et de la forêt."

Gilles VILAIN



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