- 30 octobre 2001
2. La tradition au goût du jour.
Les versants de basse et moyenne montagne du pourtour méditerranéen restent marqués par l'importance passée du châtaignier.
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Ceuillette des châtaignes 1
© Photo DR
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Dans le Vivarais, comme ailleurs dans les Cévennes ou en Corse, le châtaignier a façonné des paysages typiques de vergers forestiers en terrasses. Source d’un aliment riche malgré sa rusticité, " l’arbre à pain " a joué un rôle providentiel pour les paysans de ces terres siliceuses impropres aux céréales. Première entre toutes, la châtaigneraie ardéchoise a connu un destin encore plus singulier.
Espèce naturelle attestée au sud du Massif Central depuis 8,5 millions d’années, le châtaignier y a connu un développement à nul autre pareil. Attestée depuis le haut Moyen-ge, sa culture est véritablement devenue vivrière à partir du XIIe siècle. Présent du nord et au sud du département, il a accompagné l’essor démographique aux XVIIIe et XIXe siècles avant de connaître un long déclin commencé à la veille de la Première Guerre Mondiale. Des 40 000 hectares de châtaigneraie à fruit recensés en 1901, il restait à peine 5000 hectares en 1994. Lexode rural particulièrement intense dans ces régions ingrates est la première cause dabandon. Mais le châtaignier a dû affronter des ennemis autrement redoutables. Soumise à une exploitation intensive pour ses tannins, la châtaigneraie a été durement touchée par la maladie de lencre, puis par le chancre de lécorce, importé dAmérique après la Seconde Guerre Mondiale.
Malgré ces assauts, lArdèche est demeurée jusquà aujourdhui le premier département castanéïcole. Une preuve du " poids " historique de cette culture. Pourtant, du point de vue économique, elle cumulait nombre de handicaps : production irrégulière, châtaigneraie âgée, maladies, concurrence des pays de l'Europe du sud, consommation saisonnière, méconnaissance des variétés locales
Mais la ténacité dun petit nombre a eu raison de ce déclin annoncé.
Au début des années 80, lintroduction de variétés hybrides, plus précoces et résistantes aux maladies, est apparue comme une planche de salut. Mais les producteurs ardéchois ont rapidement déchanté. Par lallongement des périodes de récolte, ces nouveaux " hybrides " répondaient parfaitement aux besoins de la transformation industrielle et donc d une culture intensive. Difficile de rivaliser, sur ce terrain, avec les producteurs dEurope du sud ! Dautant que les gains de productivité étaient obtenus au détriment de la qualité gustative. Décidément les variétés locales, comballe, merle, aguyane, bouche de Clos et autre sardonne avaient la peau dure. Bref, la tradition avait du bon.
Gilles Vilain
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