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ARTICLE N°1594 - 15 octobre 2002
" Le domaine des composites bois-polymères est lun des plus prometteurs."
Michel Vernois
Michel Vernois Directeur scientifique du CTBA
Michel Vernois, directeur scientifique du CTBA, dessine les perspectives industrielles quouvre la chimie du bois, notamment dans le domaine des matériaux composites.
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Michel Vernois
© Blvdr
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BFI : La chimie du bois intéresse de plus en plus de chercheurs au-delà de l’industrie papetière. Est-ce le signe du retour en force du bois dans l’industrie chimique ?
Michel Vernois : Cest vrai, les expériences sur des plastiques à base de cellulose de bois se sont multipliées ces dernières années. Elles sont souvent conduites parallèlement aux recherches, plus avancées, sur les plastiques issus des amidons végétaux.
La perspective de produire des plastiques recyclables à partir dune ressource aussi abondante que la sciure est très tentante. Mais les coûts de transformation chimique restent prohibitifs.
Les autres composés du bois trouvent-ils de nouvelles applications industrielles ?
Michel Vernois : Il ne faut pas négliger le potentiel quoffre toujours le bois dans le domaine de la chimie des colles et des adhésifs. Les progrès de la chimie permettent denvisager de nouvelles applications et de nouveaux débouchés pour la filière des extraits résineux et terpéniques, notamment dans le domaine des composites. Cest le cas également de la pharmacie qui sintéresse de plus en plus à ces composés.
En somme, les filières traditionnelles de la chimie du bois sont toujours innovantes ?
Michel Vernois : Oui, en particulier lorsquelles sappuient sur dautres filières de transformation du bois. Les tanins issus du châtaignier ou dessences comme le Mimosa ou le Québracho restent très utilisés en tannerie voire pour le collage. En revanche, lactivité dextraction, à partir du châtaignier a cessé en France après larrêt de cette production, il y a quelques années, à Labruguière dans le Tarn. Tous les extraits de cette nature sont aujourdhui importés. Ce qui nempêche pas les recherches dans ce domaine.
En effet, les chimistes savent produire des colles à partir de tanins pyrocatéchiques du Mimosa. Lobjectif est dobtenir des colles à connotation naturelle, en particulier pour lindustrie des panneaux.
Par ailleurs, des recherches sont conduites sur les potentialités de fabrication de panneaux sans adjonction de colle par activation enzymatique de la fibre du bois au niveau de la lignine soit une forme dauto-adhésion.
Dans quels autres domaines les propriétés chimiques du bois sont-elles mise à profit ?
Michel Vernois : Lavenir de la chimie du bois nest sans doute pas dans la production de nouveaux polymères en concurrence avec les produits de la pétrochimie. Dautres végétaux semblent fournir de meilleures alternatives.
En revanche, la complémentarité entre le bois et les polymères de synthèse dans le domaine des matériaux composites apparaît très prometteuse. Lindustrie du panneau a ouvert la voie en agglomérant des particules de diverses dimensions. Les progrès dans la connaissance du matériau bois permettent désormais de sélectionner et de traiter du bois micronisé, par extrusion, selon les techniques de la plasturgie. Cela permet de fabriquer des matériaux composites bois-polymères aux profils très complexes quil serait impossible de réaliser par usinage.
De plus, les recherches menées, à partir des composés du bois, sur les colles et les résines permettront sans doute, à terme, daugmenter encore la proportion de produits dérivés du bois dans ces nouveaux matériaux et de faciliter leur recyclage.
Propos recueillis par Gilles Vilain
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