- 12 février 2002
3. Les Forêts sèches : gare aux bois de feux
Quand on parle de déforestation des forêts intertropicales, on oublie fréquemment les forêts sèches. Elles sont pourtant parmi les premières concernées par les défrichements.
Les forêts tropicales sèches constituent plus de la moitié des surfaces forestières africaines, notamment dans la partie australe (Plateau du Zambèze). C’est, avec la savane, le milieu privilégié de la grande faune africaine. Elles constituent aussi une grande part des forêts Indiennes et du " Nordeste " brésilien.
Ce sont soit des forêts claires dont les arbres dépassent rarement une dizaine de mètres de haut et qui ne couvrent pas complètement la surface du sol, soit des formations arbustives irrégulières (de 3 à 10 m de haut) comme la brousse tigrée au Sahel.
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Leur production végétale naturelle qui est limitée par la faiblesse des précipitations et par la durée de la saison sèche, est relativement faible, de l’ordre de 8 tonnes par an. Le stock de biomasse y est modeste (170 à 200 tonnes/ha).
Elles sont peu exploitées par l’industrie forestière. Cependant elles font l’objet d’une forte exploitation par les populations locales qui les coupent pour le bois de feu.
Ces forêts subissent aussi la pression due au pastoralisme et à la pratique ancestrale de la culture sur brûlis.
Lorsque l’emprise humaine est trop forte, la forêt intertropicale sèche évolue vers des formations dégradées de savanes plus ou moins arborées. Contrairement aux forêts intertropicales humides, cette évolution régressive est difficilement réversible. Cette tendance à la dégradation entre pour une part non négligeable dans les statistiques de la déforestation. Le Soudan et la Zambie ont perdu respectivement 9,5 et 8,5 millions d’ha de forêt sèche durant la dernière décennie.
François Delaunay
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