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  - 29 octobre 2002

3. Rungis : champignons du monde

Ils viennent du monde entier en se jouant des saisons. Bulgarie, Roumanie, mais aussi Nouvelle-Zélande et Chili. Avec la mondialisation, c’est toujours la saison des champignons

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Morilles d'Argentine....

" Aujourd’hui, nous allons chercher les produits de plus en plus loin " constate Dominique Uzaï " jusqu’en Sibérie. Même le Zimbabwé produit un cèpe d’une qualité remarquable. Cela nous permet de compenser quand les années sont mauvaises en France. Cela permet aussi de trouver du champignon toute l’année. Il y a toujours une latitude où c’est la bonne saison. "
Les concurrents les plus redoutables pour le champignon français ce sont les champignons de l’Est, arrivés en masse sur les marchés depuis la chute du Mur de Berlin. " Cela a provoqué un effondrement des cours " constate Jean Paul Meyer de Meyer Champi, " mais cela a permis de mettre le champignon sylvestre à la portée de toutes les ménagères".

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...oronges d'Espagne

En matière de goût, il est difficile de faire la différence. Sauf peut-être avec les girolles canadiennes, souligne Fernand Silva en soulevant une caissette de girolles. " Là bas, les ramasseurs partent en quad dans les forêts et ce sont des hélicoptères qui récupèrent les cagettes. Deux jours après elle sont ici. " Mais elles sont réputées plus humides et moins savoureuses que leurs homologues roumaines ou bulgares.
Pour le Syndicat National de Collecteur - Expéditeur de champignons sylvestre, cette mondialisation du champignon a poussé sa quarantaine de membres à adopter une charte de traçabilité rigoureuse. " La provenance des produits doit être clairement indiquée. Nous ne sommes pas contre les champignons étrangers mais encore faut-il que la ménagère sache qu'elle achète des cèpes de Bulgarie et pas des forêts cévenoles ".

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...ou Girolles du Canada

C'est que le prix n'est pas le même. " Dans les pays de l'Est, les ramasseurs vendent leur récolte moins d'un euro le kilo, entièrement nettoyés. Ici, on ne les paye pas moins de 5 euros le kilo aux ramasseurs " explique Olivier Bianchi de Champicreuse.
Autre conséquence de cette internationalisation : le contrôle sanitaire aujourd'hui des plus rigoureux. " Il en va de la responsabilité du distributeur" explique-t-on au Syndicat. " Il y a un contrôle systématique aux six points d'entrée en France et des prélèvements sont effectués pour être analysés à Lille. " " La Direction générale de la concurrence, de la consommation et des fraudes (DGCCF) effectue sur Rungis des contrôles permanents " renchérit Fernand Silva " et à la moindre absence d'étiquetage, ce sont 200 à 300 euros d'amende ". Quant à Jean Louis Meyer, il a multiplié les précautions. Pour les clients les plus soupçonneux, il s'est équipé d'un petit compteur Geiger qu'il passe sans la moindre hésitation sur sa marchandise.

Hélène Pourquié



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