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  - 21 novembre 2002

3. Plantation forestière : les chasseurs de l’Isère jouent la carte de la prévention

Démarche unique en France, les chasseurs de l’Isère ont accepté d’aider à la protection des plantations. Les relations en sont nettement améliorées

Photo
Charles Millat
 © Blvdr

L‘antagonisme forestiers chasseurs provoqué par la question des dégâts de gibier apparaissait contre-nature en Isère. " Nous avions, au contraire, bien des raisons de nouer des alliances ", reconnaît Charles Millat, le président du syndicat des sylviculteurs de l’Isère. La question de Natura 2000 en était une. Les deux groupes se sentaient pareillement mis en danger par la procédure européenne de conservation des habitats. " Du coup, nous avons trouvé un terrain d’entente pour régler une partie du contentieux ", explique Charles Millat.
Ainsi depuis 1998, la Fédération Départementale des Chasseurs de l’Isère (FDCI) subventionne la protection des plantations forestières. Il faut dire qu’une limite avait été atteinte. " La pression du gibier était devenue si forte que de nombreux forestiers finissaient par renoncer à planter ", note le président des sylviculteurs de l’Isère. La protection des plantations se révèle en effet prohibitive puisque qu’elle coûte en moyenne près d’un euro (6,5 F) quand la valeur du plant est d’environ 0,30 euros (2 F).
Du coup, pour améliorer leur relation avec les forestiers, la FDCI débloque environ 15000 euros chaque année afin de financer des travaux de protection des plants. Une contribution représentant environ 1 % du budget annuel de la FDCI qui est pratiquement exclusivement alimenté par les cotisations individuelles des 23 000 chasseurs de l’Isère (60 euros par an et par chasseur).
Cette convention permet de financer environ 70 % du coût global des fournitures et de la pose des protections.
La gestion des dossiers est assurée par le Syndicat des sylviculteurs.
" Nous avons défini conjointement quelques critères d’éligibilité ", explique Charles Millat. Premièrement le forestier doit appartenir à l’une des deux organisations départementales de propriétaires forestiers : le syndicat et l’union. Deuxièmement, les plantations doivent se trouver sur le territoire de l’une des ACCA (Association Communale de Chasse Agrée) membre de la fédération départementale.
Depuis 1998, ce sont ainsi environ 26 dossiers par an qui ont été aidés. Une mesure qui ne règle que partiellement le problème des dégâts de cervidés. " C’est efficace en plantation et contre les chevreuils, mais ce n’est, ni opérant pour la régénération spontanée, ni efficace contre les cerfs qui arrachent les protections ", constate Charles Millat.

Photo
Une pression du gibier trop forte
© ONF

Pour protéger les plantations des seigneurs de forêts, il est nécessaire de clore les parcelles avec des grillages de plus de 2,5 m de haut dont le coût, à raison de 1,5 euros le mètre linéraire (10 F) est particulièrement prohibitif. " Cela représente au moins 6 000 euros (40 000 F) par hectare ", calcule Charles Millat. Des travaux de protection que la FDCI n’a consenti à aider que de manière très exceptionnelle. D’ailleurs, les sylviculteurs n’y sont guère favorables. " Non seulement pour des raisons économiques, mais aussi parce que cela aboutirait à enclore la forêt et à limiter son accessibilité. Ce n’est pas le type de Nature que j’aimerais laisser à mes petits-enfants ", prévient le grand-père. Bref, la protection contre les cerfs n’évitera pas la réflexion sur un meilleur équilibre sylvo-cynégétique.
" Quoiqu’il en soit, cette première collaboration a le mérite de nous aider à mieux nous connaître et à mieux nous comprendre ", témoigne le forestier bien conscient que l’argent ne règlera pas tout.
Du côté des chasseurs, Serge Gobbo, le directeur de le FDCI se montre très satisfait du partenariat même s’il reconnaît que sa fédération reste pour l’instant très isolée. " Les autres départements craignent que nous mettions le doigt dans l’engrenage de l’indemnisation des dégâts en forêt ", remarque-t-il. Un risque que le directeur de la FDCI réfute. " Mieux vaut trouver un arrangement que d’aller à l’affrontement ", estime-t-il.

Syndicat des sylviculteurs de l’Isère
Charles Millat
[email protected]

Fédération Départementale des Chasseurs de l'Isère
65 av Jean Jaurès 38320 EYBENS
04 76 62 97 78

François Delaunay



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