- 11 octobre 2001
2. Laccueil des collégiens suscite des interrogations
Tout le monde se souvient que Charlemagne et Jules Ferry ont inventé lécole et que Napoléon a créé le lycée. Mais personne ne sait qui a inventé le collège ? Signe que lon a tendance à loublier.
En matière déducation à la forêt, comme pour le reste, le collège fait un peu figure de parent pauvre. Parmi les structures daccueil existantes, rares sont celles qui se tournent vers les établissements secondaires. Pourtant les motivations pédagogiques en ce sens ne manquent pas.
De nombreux projets voient le jour à linitiative de professeurs. Mais plus souvent sans lintervention des professionnels. Catherine Thiot, professeur de Lettres dans le Val-dOise, près de la forêt de Montmorency a conduit un projet pédagogique avec une collègue : "Ni ma collègue ni moi-même navons eu de contact avec la filière. On peut regretter labsence dinformation et de documentation tant sur les forêts de notre département que les métiers du bois et de la forêt. Car au-delà de lintérêt pédagogique, lorientation en fin de Troisième mériterait une information dans ce domaine." Mais corrige sa collègue, "le manque dinformations et de contacts avec les professionnels nous conduit trop souvent à faire avec les moyens du bord sinon nous nhésiterions pas à les solliciter."
Chez les professionnels, on reconnaît que le primaire bénéficie effectivement dun traitement de faveur. Les raisons avancées sont multiples. Pierre Bonnaire considère que "les liens traditionnels existants entre les instituteurs en zone rurale et les forestiers ont peut-être conduit à négliger les attentes du secondaire." Mais pour Denis Gobard, animateur de la maison forestière de la forêt de Port-Royal, près de Trappes,"il est plus facile daccompagner un projet avec un instituteur, interlocuteur unique en charge de toutes les matières que de répondre aux attentes de plusieurs enseignants dans des disciplines différentes."
Gilles Berroir, en charge de ces questions à la Direction francilienne de lAgriculture et de la Forêt invoque quant à lui dautres raisons : "Le collège a mauvaise réputation auprès des forestiers. Beaucoup croient, sans doute à tort, que les adolescents sont peu attirés par notre milieu et surtout plus difficiles à cadrer." Un sentiment largement partagé par la plupart des animateurs qui se disent plus à laise avec des petits. À cet égard, il appartient sans doute aux professeurs de rassurer les professionnels. Dautant que lexpérience le montre : lorsque les activités ont été programmées en amont avec les forestiers, les grands ne sont pas moins motivés que les petits. La découverte de la forêt a même parfois des vertus.
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